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DÉCOLLEMENT, subst. masc.
A.− Action de détacher ce qui est collé, état qui en résulte. Le décollement du papier peint; empêcher le décollement d'un meuble. Synon. décollage :
1. Je maintenais la chaise, encore trop consterné pour oser rire; lui, tirant de l'avant, disait : − Mon Dieu! Mon Dieu! Qu'est-ce que c'est encore que cette invention d'enfer? − Et tâchait, par-dessus son épaule, de surveiller le décollement, ce qui rendait sa face plus rouge encore. Tout se passa sans déchirure, heureusement, et sans dommage, que pour la molesquine dont il emportait avec lui tout l'apprêt, laissant sur le siège, imprimée, l'effigie de son volumineux derrière. Gide, Si le grain ne meurt,1924, p. 460.
P. ext. État des oreilles exagérément écartées du crâne. Le décollement des oreilles (Martin du G., Thib., Pénitenc., 1922, p. 765).
Spéc. MÉD. Séparation anormale de deux organes ou de deux tissus qui adhéraient l'un à l'autre. Décollement du placenta, décollement épiphysaire. Le décollement de la rétine (Brumpt, Parasitol.,1910, p. 219).
B.− P. métaph.
1. Action de se détacher du réel, du passé, de s'élever intellectuellement. Un décollement de l'être par rapport à soi. La création qui est décollement du passé, du présent et du futur (J. Vuillemin, Être et trav.,1949, p. 80):
2. Si (...) un de mes principaux projets est de progresser, c'est-à-dire d'être toujours et coûte que coûte plus avancé dans une certaine voie que je ne l'étais la veille (...) ce projet progressif entraîne une série de décollements par rapport à mon passé. Sartre, L'Être et le Néant,1943, p. 585.
2. ÉCON. ,,Fait pour un pays sous-développé, d'entamer de façon irréversible un processus de développement`` (Quillet Suppl. 1971).
Prononc. et Orth. : [dekɔlmɑ ̃]. Ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. 1635 decolemant (Monet). Dér. de décoller2*; suff. -(e)ment1*. Fréq. abs. littér. : 8.