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DÉBONDER, verbe.
A.− Emploi trans. Enlever la bonde de; déboucher. Débonder un tonneau :
1. Caliban, ivre, étendu à terre, se tordant dans une mare de vin sortie d'un tonneau qu'il a débondé et oublié de refermer. Renan, Drames philos.,Caliban, 1878, I, 1, p. 380.
Au fig. Débonder son cœur ou absol. débonder. Laisser libre cours à ses sentiments; épancher son cœur :
2. Il m'a fallu l'entraîner contre la berge et là, débonder tout mon chagrin, tandis qu'il me regardait sans trop comprendre. Goncourt, Journal,1870, p. 558.
B.− Emploi intrans. Se répandre à grands flots. Le lac a débondé. Et que chaque source débonde par un bouillon aussi gros que l'œil d'un cheval! (Claudel, Tête d'Or,1901, p. 281).
C.− Emploi pronom.
1. [En parlant d'un contenant] Perdre sa bonde. Le tonneau s'est débondé.
Au fig. Se débonder le cœur ou absol. se débonder (supra A au fig.). Il [Tartarin] se débonda, vida son cœur gros de rancunes contre l'ingratitude de ses compatriotes (A. Daudet, Tartarin Alpes,1885, p. 43).
2. [En parlant du contenu] Se répandre rapidement et en abondance; se vider :
3. La ville ne remuait que comme un moribond (...) Il y avait sous les murs des rumeurs sourdes comme de muscles qui se détendent, de poumons qui se vident, de ventres qui se débondent, de mâchoires qui claquent. Giono, Le Hussard sur le toit,1951, p. 167.
Prononc. et Orth. : [debɔ ̃de], (je) débonde [debɔ ̃:d]. Ds Ac. 1694 et 1718, s.v. desbonder; ds Ac. 1740-1932 sous la forme moderne. Étymol. et Hist. 1. Ca 1462-65 au fig. desbonder [ses cuisances] « épancher, donner libre cours à » (G. Chastellain, Dépréciation pour Pierre de Brézé, éd. Kervyn de Lettenhove, t. VII, p. 62); 2. 1549 desbonder « ôter la bonde [d'un tonneau] » (Est.). Dér. de bonde*; préf. dé-*; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 39. Bbg. Quem. 2es. t. 1 1970.