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CONSERVATIF, IVE, adj.
[Gén. avec une idée de passivité ou parfois de but volontairement recherché] Dont c'est le propre de conserver, de maintenir hors de toute altération :
1. Les formes que la vue nous livre à l'état de contours sont produites par la perception des déplacements de nos yeux subjugués qui conservent la vision nette. Ce mouvement conservatif est ligne. Valéry, Degas, danse, dessin,1936, p. 66.
En partic.
♦ Domaine intellectuel, moral, soc.La combinaison du travail réfléchi et « conservatif » avec ces formations spontanées qui naissent de la vie sensorielle et affective (...) et qui jouissent de la propriété de propager les états et les émotions, mais non celle de communiquer les idées, ne laisse pas d'être fort difficile (Valéry, Variété V,1944, p. 106):
2. Morale conservative. Il faut que ce soit le même qui possède ce champ, jouisse de tel bien. Et il faut que ce soit le même qui couche avec la même, et la même avec le même. C'est en quoi la morale est « ennuyeuse », impose la monotonie. Valéry, Tel quel I,1941, p. 117.
♦ Domaine sc.Il [Descartes] avait, pour écrire sa formule conservatrice, composé les constituants du mouvement en forme de produit (Valéry, Variété IV,1938, p. 224):
3. Tandis que le temps écoulé ne constitue ni un gain ni une perte pour un système supposé conservatif, c'est un gain, sans doute, pour l'être vivant, et inconstestablement pour l'être conscient. Dans ces conditions, ne peut-on pas invoquer des présomptions en faveur de l'hypothèse d'une force consciente ou volonté libre, qui, soumise à l'action du temps et emmagasinant la durée, échapperait par là même à la loi de conservation de l'énergie? Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience,1889, p. 123.
Rem. Qq. dict. du xixes. (Ac. Compl. 1842, Besch. 1845, Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.) signalent l'emploi de conservatifs, subst. masc. plur. en pol. comme synon. de conservateurs.
Prononc. : [kɔ ̃sε ʀvatif], fém. [-ti:v]. Étymol. et Hist. xves. [date du ms.] (Evr. de Conty, Probl. d'Arist. B.N. 210, fo80b). Empr. au b. lat. conservativus « qui conserve », dér. de conservatum, supin de conservare (conserver*). Fréq. abs. littér. : 4. Bbg. Vaganay (H.). Qq. mots peu connus. In : [Mél. Chabaneau (C.)]. Rom. Forsch. 1907, t. 23, p. 226.