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COINT, COINTE, adj.
Arch. Joli, agréable. [Le roi de Navarre :] quelque dame cointe et mignotte aux verdelettes beautés (G. d'Esparbès, Le Roi,1901, p. 95).
Rem. 1. ,,Vieux mot qu'on peut employer encore dans le style marotique`` (Lar. 19e). 2. On rencontre ds la docum. le subst. fém. cointise, arch. Ajustement élégant; parure, ornement. Agréments, fins atours, élégance et cointise (A. Pommier, Crâneries et dettes de cœur, 1842, p. 64).
Prononc. et Orth. Seules transcr. ds Land. 1834 : ko-ein, ko-einte, et ds DG qui ne transcrit que cointe : kwīnt'. Les 2 formes sont données ds Ac. Compl. 1842, Besch. 1845, Lar. 19e-20eet ds Quillet 1965. Cointe est donné seul ds DG et Guérin 1892 comme adj. des 2 genres. Étymol. et Hist. A. 1. Mil. xies. cointe de « qui connaît bien quelque chose » (Alexis, éd. Chr. Storey, 212), en a. fr. seulement; 2. début xiies. cuinte « sage » (Psautier Oxford, 118, 98 ds T.-L., trad. du lat. prudentem). B. 1194-97 cointe « élégant » (Helinant de Froidmont, Vers de la Mort, éd. Fr. Wulff et E. Walberg, XXIV, 6); cointe adj. des 2 genres évincé au xvies. par coint/-e 1509 (Lemaire de Belges, La Plainte du Désiré [III, 176] ds Hug.); réputé ,,vieux`` dep. Fur. 1690. Du lat. cognitus (part. passé adjectivé de cognoscere « connaître »), en lat. class. sens passif « connu, reconnu », au sens actif en lat. médiév. « qui sait » d'où « sage, avisé, habile » (vie-(viiies. ds Mittellat. W., s.v. cognoscere, 805, 38); le sens B peut-être par l'intermédiaire de l'a. prov. cointe « gracieux, aimable » bien attesté dans la poésie des troubadours (xiies. ds Rayn.), et lui-même dér. du sens « qui sait [les bonnes manières de cour] », FEW t. 2, p. 844a. Fréq. abs. littér. : 1. Bbg. Breslin (M. S.). The Old French abstract suffix -ise. Rom. Philol. 1969, t. 22, p. 419. − Brucker (Ch.). Prudentia, prudence aux xiieet xiiies. Rom. Forsch. 1971, t. 83, pp. 477-479.