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CHÊNAIE, CHESNAIE, subst. fém.
Lieu planté de chênes. La chênaie productrice de glands pour le troupeau de porcs (La Forêt fr.,1955, p. 9):
Et nulle chesnaie, nulle hêtraie, je dirai mieux (...) nulle société féminine ne passe en douceur et en perfection de goût ces lisières où il y a toutes les variétés de l'or automnal avec des courbes de branches infiniment émouvantes. Barrès, Au service de l'Allemagne,1905, p. 4.
Prononc. et Orth. : [ʃ εnε]. La graph. anc. es + consonne ne s'écrit ê que dans les mots dérivés rattachés étroitement au mot de base. Cette graph. influence le timbre de la voyelle qui demeure ouverte alors que la tendance naturelle est à fermer la voyelle qui ne se trouve plus sous l'accent. Ainsi grâce à la graph. ê on prononce [ε] ouvert dans : chênaie, chêneau, chênette, chevêtrier, crêper, crêter, dépêtrer, empêcher, embêter, endêver, entêter, évêché, fêter, fêlure, fenêtre, fêtard, fêter, frênaie, gêner, grêler, guêpier, guêtrer, guêtrier, mêler, pêcher, prêter, prêtresse, prêtrise, quêter, rêver, salpêtrer, tempêter, têtard, têtu, vêtir (cf. Buben 1935, § 25). Ac. 1694 et 1718 : chesnaye; Ac. 1740-1932 : chênaie. Noter ds P. Vialar, Le Fusil à deux coups, 1960, p. 272 la forme chêneraie d'apr. les n. d'arbres en -eraie : châtaigneraie, oliveraie, palmeraie, etc. Étymol. et Hist. 1240 chesnoie (S. Euverte, A. Loiret ds Gdf. Compl.); 1542 chenaye (Du Pinet, Pline, IV, 5, ibid.) − 1718 (Ac.); 1600 chesnaie (O. de Serr., VII, 9 ds Gdf. Compl.). Dér. de chêne*; suff. -aie* (lat. -eta); parallèlement le type chaisnoi, masc. suffixé en -etum (Gdf.); lat. médiév. casnetum (508 ds Archiv für lateinische Lexikographie und Grammatik, t. 8, 1893, p. 474). Fréq. abs. littér. Chênaie : 37. Bbg. Quem. 2es. t. 3 1972.