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BROQUILLE, subst. fém.
A.− Région. Morceau de bois. Ils vont peut-être me tourmenter, m'enfoncer des broquilles sous les ongles (A. Arnoux, Calendrier de Flore,1946, p. 221).
B.− Argot
1. Minute (cf. L. Stollé, Contes, Barbe-Bleue, 1947, p. 2).
2. Des broquilles. Des bijoux de peu de valeur. Synon. de la pacotille(cf. J. Lorrain, Le Crime des riches, p. 288 dans Rheims 1969).Vol à la broquille. En substituant un bijou de pacotille à celui que l'on dérobe.
3. Expr. Pas une broquille. Rien (cf. broque). Ne pas comprendre broquille. Ne pas comprendre un traître mot (A. Arnoux, Zulma l'infidèle, 1960, p. 197).
Rem. 1. Sens 1 et 2 attestés dans Lar. 19e, Lar. encyclop., Guérin 1892 et Rob. Suppl. 1970. 2. On rencontre dans notre docum. (arg.) a) Broquillage, subst. masc. Vol à la substitution (cf. L. Paillet, Voleurs et volés, 1855, p. 44). b) Broquilleur, subst. masc. Escroc de bijoutiers (cf. F. Vidocq, Les Voleurs, 1836, p. 219).
ÉTYMOL. ET HIST. I.− 1821 arg. « boucle d'oreille » deux paires de broquilles (Ansiaume, Arg. en usage au bagne de Brest, ms. de la main d'un juge de Chartres, bibl. mun. de Rouen, fonds Montbret, 1673-398 f. 6 vo, § 83). II.− 1. 1835 arg. « minute » ([Raspail], Réforme pénitentiaire, Lettres sur les prisons de Paris dans Le Réformateur, 20 sept. 1835, p. 2); 2. 1866 arg. « rien, chose de peu de valeur » (A. Delvau, Dict. de la lang. verte). III.− 1946 région. « morceau de bois », supra. I dér. de broque « arme pointue » forme normanno-picarde de broche* (1260, Bans, Tailliar, p. 244 dans Gdf.), comme broquette*; suff. -ille*. III terme région. sans doute dér. d'une forme méridionale de broche (cf. poit. brochille « petite branche » dans Lalanne, franco-prov. broque « branche, baguette » dans Pierreh., brok, broka « petite branche, brindille » dans Pat. Suisse rom.). Il est difficile de déterminer si II se rattache à III (l'évolution sem. serait comparable à celle de broutille*) ou à I (en raison de l'appartenance de l'un et l'autre à un même niveau de langue).
BBG. − Dauzat Ling. fr. 1946, p. 298. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 224.