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BOVARYSME, subst. masc.
[P. réf. au principal personnage du roman de G. Flaubert] ,,Faculté départie à l'homme de se concevoir autre qu'il n'est en tant que l'homme est impuissant à réaliser cette conception différente qu'il se forme de lui-même`` (Gaultier, Le Bovarysme, 1902, p. 217) :
Rosette, la concubine d'Antoine Quérard nom d'un personnage de Ch. Bataille dans un roman du même nom, reste donc sa concubine, mais, comme elle aime Paul et qu'elle le lui a dit, elle se dégrade de plus en plus, et, dès cette heure, elle passe à l'état de bovarisme absolu. Barbey d'Aurevilly, Les Œuvres et les hommes, Les Romanciers, Paris, Amyot, 1865, p. 290.
Rem. On rencontre dans la docum. les néol. a) Bovaryque, adj. Propre au bovarysme. Conceptions, mensonges bovaryques. ,,Il n'est de réalités que de cette sorte, et ces réalités il n'est pas permis de les contester. Les raisonnements que l'on poursuit à leur occasion peuvent être justes ou erronés, mais elles-mêmes ne sont ni vraies, ni fausses, elles existent. Tel est le caractère de la formule bovaryque : elle n'est pas la conclusion d'un raisonnement, elle est l'expression d'un mode de vision et peut devenir aussi une méthode de vision`` (Id., ibid., p. 55). b) Bovaryser, verbe intrans. Avoir le comportement de l'héroïne de l'œuvre de G. Flaubert : Madame Bovary. ,,Réfugié, faute d'argent pour continuer des études très mal commencées à Coïmbre, chez les deux tantes : la bigote sauvage et la bigote sentimentale qui déjà hébergaient le doux maniaque « l'Amiral » (...) le Héros [d'un roman] bovaryse éperduement`` (Larbaud, Jaune, bleu, blanc, 1927, p. 253).
Prononc. et Orth. : [bɔvaʀism̥]. Barbey d'Aurevilly (cf. ex. supra) écrit bovarisme p. anal. avec les autres mots en -isme formés à partir d'un nom propre : Don Juanisme, Gaullisme, etc. L'alternance ĭ/y dans ce mot est à rapprocher de celle qu'on note dans Trotskysme (cf. Pt Rob.) écrit aussi trotskisme (cf. Lar. encyclop. et Pt Rob. II). Cette rem. peut s'appliquer également à bovaryste alternant avec bovariste, cf. infra. Étymol. et Hist. 1865 bovarisme, supra. Dér. du rad. de bovaryste*; suff. -isme*. Fréq. abs. littér. : 116.
BBG. − Migliorini (B.). Dal Nome proprio al nome comune. Florence, 1968, p. 72. − Rog. 1965, p. 120.