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BARBOUILLEUR, EUSE, subst.
A.− ,,Artisan qui peint grossièrement les murs, les portes, les plafonds, avec des couleurs communes`` (Jossier 1881); peintre sans talent :
1. Le père Malgras, sous l'épaisse couche de sa crasse, était un gaillard très fin, qui avait le goût et le flair de la bonne peinture. Jamais il ne s'égarait chez les barbouilleurs médiocres, il allait droit, par instinct, aux artistes personnels... Zola, L'Œuvre,1886, p. 54.
B.− Personne qui écrit de manière illisible (attesté dans Besch. 1845, DG), ou qui barbouille beaucoup de papier (attesté dans Lar. 19e, Nouv. Lar. ill., Lar. 20e); écrivain prolixe mais sans talent. Barbouilleur de papier :
2. ... quand vous aurez demandé au peuple une oreille attentive pour celui qui parle bien et honnêtement, vous le verrez suspendu aux récits grossiers d'un trivial écrivain, aux folies hystériques d'un barbouilleur de papier, aux récits effrayants d'une gazette criminelle; ... Soulié, Les Mémoires du diable,t. 1, 1837, p. 37.
P. ext. Mauvais législateur Barbouilleur de lois. (A. France, Les Dieux ont soif,1912, p. 130, sans doute d'apr. A. Chénier);cf. Guérin 1892).
C.− ,,Bavard dont les paroles sont confuses, inintelligibles`` (Ac. 1835-78).
PRONONC. : [baʀbujœ:ʀ], fém. [-ø:z]. [λ] mouillé dans Fér. 1768, Fér. Crit. t. 1 1787, Gattel 1841, Nod. 1844, Fél. 1851 et Littré; yod dans Land. 1834 et DG.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. Ca 1480 « querelleur » (Farce morale de Marchebeau et Galop, Kwartalnik Neofilologiczny, 1956, 37 d'apr. Quem.), attest. isolée; 2. 1532 barbouilleurs de parchemin « mauvais écrivains » (Rab., Epist., I dans Gdf. Compl.); 1611 « celui qui enduit grossièrement » (Cotgr.); 3. 1798 fam. (Ac. : [...] bavard confus, inintelligible. Faites taire ce Barbouilleur). Dér. du rad. de barbouiller étymol. A pour le sens 3, B 4 pour le sens 1, B 2 b pour le sens 2; suff. -eur2*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 43.
BBG. − Kuhn 1931, p. 134. − Teppe (J.). Écrivailleurs, philosophâtres, poétaillons. Vie Lang. 1971, p. 161.