| ![]() ![]() ![]() ![]() ANTI-INTELLECTUEL, ELLE, adj. [En parlant d'une conception littér., artistique ou philos.] Qui est opposé à la reconnaissance de l'intelligence comme instrument de la connaissance : 1. .... conception qu'exprime l'un d'eux quand il déclare d'une musique qu'elle lui semblait « quelque chose de plus vrai que tous les livres connus », un autre quand il proclame que « l'instinct poétique doit nous conduire aveuglément à la vérité », un troisième quand il parle de son royaume de rêve, « plus certain que la réalité ». Il y a là une conception anti-intellectuelle − purement mystique − de la vérité, très nouvelle chez des littérateurs français...
Benda, La France byzantine,1945, p. 138. − Emploi subst., rare. Personne hostile à tout ce qui est intellectuel : 2. J'en vins à représenter à ses yeux la brute, l'anti-intellectuel, le fils de famille gâté par l'oisiveté et les orgies. Il finit par m'accuser de ne pas savoir l'orthographe.
Larbaud, A. O. Barnabooth,1913, p. 227. ♦ P. ext. Adepte de l'anti-intellectualisme : 3. Au parti des « anti-intellectuels » appartenaient des artistes que je vénérais (tels Degas, Renoir, Rodin, Debussy. La cruauté de Degas me faisait horreur). Bombardé de déclarations à signer, je les déchirais toutes. L'adjectif « intellectuel » devenait le plus ironique, le plus péjoratif; Barrès dénonçait impitoyablement les ridicules des intellectuels.
J.-É. Blanche, Mes modèles,1928, p. 45. Rem. 1reattest. (supra ex. 2); dér. de intellectuel*, préf. anti-*. STAT. − Fréq. abs. littér. : 6. |