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AMIAULER, verbe trans.
Can., région. Tromper, séduire par de belles paroles. Il s'est encore laissé amiauler par ce vendeur (Bél. 1957) :
Tiens-toi sur tes gardes, il cherche à t'amiauler. − Ce verbe, qui semble une corruption d'emmieller, tire peut-être son origine des miaulements intéressés des chattes. H. Coulabin, Dict. des locutions populaires du bon pays de Rennes en Bretagne,1891.
Étymol. ET HIST. − Pic. 1851 amioler « caresser, faire amitié » (Corblet); 1869 « charmer, séduire » (Gaz. des Trib. 13 janv. 1869 ds Moisy 1885 : Quand il a bu et qu'il dit qu'il m'aime ... moi qui suis chérissante de mon naturel, je me laisse amiauler, et ça finit toujours par une pèle que je reçois); amiauler encore vivant en norm. au sens de « amadouer, circonvenir » (Moisy 1885); cf. aussi norm. ramiauler « amadouer, se réconcilier » (ibid.); 1930 amiauler « charmer, séduire » (Canada). Prob. dér. de l'a. fr. amiaule, amiable*; dés. -er. Amiaule est attesté dep. le xiies. [lorr.], St Bernard, Serm. fr. mss p. 50 ds La Curne t. 1 1875, s.v. amiable : Jhesu Criz, li filz de Deu naist en Betleem Jude. O! naissance plaine de sainteit honoraule al munde, amiaule as homme; cf. xiiies. amiaule, Rose, Vat. Ott. 1212, fo36dds Gdf. Compl., s.v. amiable; admiavle, 1eravr. 1332, A. Abbev. CC 7 ibid. Le passage du lat. amicabilis à une forme amiaule propre aux dial. normano-pic. (Ch.-T. Gossen, Petite gramm. de l'anc. pic., Paris, 1951, pp. 87-90), s'explique par l'évolution b > v en lat. vulg. puis vocalisation en [w] au contact du l. Un rapprochement avec l'onomat. miau- (miauler*) et le lat. mel (miel*) s'est prob. produit par étymol. second., mais dans son orig. première amiauler* n'est à rattacher ni à emmiauler « enjôler, leurrer » (< miau onomat.) attesté ds les dial. norm., du Nord-Ouest et du Centre, Moisy 1885, Dum. 1849, Verr.-On. t. 1 1908, Jaub. t. 1 1855, ni à emmieller*.
BBG. − Bél. 1957. − Canada 1930. − Dul. 1968. − Georgin (R.). Le Français au Canada. Déf. Lang. fr. 1969, no47, p. 44.