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AIMEUR, EUSE, adj. et subst.
Rare, littér., iron. (Personne) qui aime.
A.− Domaine des relations sociales :
1. Nous causons de Nadar, des utopies polonaises, des aimeurs de peuple et des représentants de l'ouvrier, etc. Gavarni tape là-dessus, nous disant que ces gens ne sont pas du peuple et ne savent pas l'ouvrier, qu'ils n'ont rencontré le peuple qu'au bordel, par hasard. E. et J. de Goncourt, Journal,juin 1857, p. 361.
2. Combien d'aimeurs de peuple ont tiré de leur amour, 25, 50, 75, 300, 500 %! Et vraiment, je ne connais dans ce temps-ci qu'un homme qui ait véritablement aimé le peuple gratis : c'est Barbès. E. et J. de Goncourt, Journal,août 1880, p. 79.
B.− Domaine des relations amoureuses :
3. À la demande de son opinion sur Loti, demande qu'on faisait ce soir à Tissot, le peintre hiérosolomitain répondait : « Oh! J'ai de la prévention contre lui ... Pour moi, c'est une espèce de tare d'avoir été un aimeur de Sarah Bernhardt ... Je me défie de la facticité de ces hommes, qu'ils s'appellent Champsaur, Lorrain ou Loti. » E. et J. de Goncourt, Journal,févr. 1890, p. 1124.
4. En rentrant, je rumine déjà des coquetteries pour allumer ce gros Antonin ultra-combustible, de quoi faire passer le temps en récréation quand il pleut. Moi qui le croyais en train de projeter la séduction de MlleLanthenay! Je suis bien contente qu'il ne cherche pas à lui plaire, car cette petite Aimée me semble si aimeuse que même un Rabastens aurait pu réussir, qui sait? Colette, Claudine à l'école,1900, p. 44.
5. Que ferait Rézi sans moi? Je ne veux pas laisser Renaud près d'elle; mon pauvre grand est si aimeur et elle est si aimable! Colette, Claudine en ménage,1902, p. 245.
Étymol. ET HIST. − 1857, supra. Néol. Dér. de aimer*; suff. -eur*.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 3.
BBG. − Rheims 1969.