| ![]() ![]() ![]() ![]() ADOLORÉ, ÉE, adj. Région. Qui est dolent, triste, affligé : C'est, tout en tas, fourré dans ma peau : les choses solides, de la couleur et du goût des herbes, du chant des arbres, du grincement des maisons de bois dans le vent glacé, et des choses, comme qui dirait des choses d'air, ça qui fait que le cœur tremble de joie, ou s'alentit, adoloré, de ce que le bruit, le parfum ou la couleur porte en plus de sa chose propre.
J. Giono, Un de Baumugnes,1929, p. 30. Rem. N'est plus usité; subsiste en prov. Cf. Alib. 1966 : adolorir, rendre, devenir douloureux. Étymol. ET HIST. − 1. Précédé par adolosé, part. passé du verbe pronom. adoloser (s') « ravagé, désolé (en parlant d'un inanimé) », 1180-1200 (Roum. d'Alix., fo35 c, Michelant ds Gdf. : ... Escive les valees Et les tiere ki sunt auques adolousees); xiiies. s'adoloser « s'abandonner à la douleur » (Blancandin et orgueilleuses d'amour, 3036, Michelant ds Gdf. : Quant ele s'en adolousa); 2. 1554 adoloré « affligé » (Ronsard, Bocage royal, 2epart., III, 331 ds Hug. : Ceux qui ont le cœur Adoloré d'amoureuse langueur); hors d'usage dep. le xviiies. (cf. Trév. 1752).
Dér. de douleur*. La forme adoloser, -ouser s'explique par contamination entre les adj. lat. dolorosus « douloureux » et dolosus « fourbe », dont le subst. de base dolus avait pris en bas lat. le sens de dolor (cf. FEW t. 3, s.v. dolus); la 2eforme est une réfection sav. du xvies. sur dolor; préf. a-1*. STAT. − Fréq. abs. litt. : 1. |