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AGA2, subst. masc.
A.− Titre donné généralement aux chefs militaires, à certains fonctionnaires civils, à toute personne chargée d'un commandement.
1. Administration turque :
1. ... la rapine, répandue de grade en grade, a été hâtive et précipitée. Le douanier a rançonné le marchand, et le négoce s'est anéanti : l'aga a dépouillé le cultivateur; et la culture s'est amoindrie. C.-F. de Volney, Les Ruines,1791, p. 94.
2. Ce mot signifie dans la langue des Mogols, et dans celle des Khovarezmiens, un homme puissant, un seigneur et un commandant. Les Turcs se servent de ce mot pour signifier absolument un commandant (...). On donne par civilité à quelques personnes le titre d'aga, quoiqu'elles n'aient aucune charge. Pissot1803.
3. Le pacha de Damas avait, dans cet intervalle, envoyé au Bkaa un aga chargé de prélever, selon l'usage, les récoltes des terres qui étaient sous la dépendance de son pachalik. Cet officier pénétra dans le village de Haunie, qui dépendait de la principauté du Liban, et y frappa des contributions en bestiaux et en argent : ... A. de Lamartine, Voyage en Orient,t. 1, 1835, p. 270.
4. ... il se traîna péniblement sur la terre à l'aide de ses mains et de ses genoux, et parvint jusqu'à son coursier. « Pauvre ami, lui dit-il, que feras-tu parmi les Turcs? Tu seras emprisonné sous les voûtes d'un kan avec les chevaux d'un aga ou d'un pacha; ... A. de Lamartine, Voyage en Orient,t. 2, 1835, p. 15.
5. Il porte mes lettres du grand vizir au pacha, à l'aga, à l'ayam ou seigneur du village. Ceux-ci choisissent la meilleure maison grecque, arménienne ou juive du pays, avertissent le propriétaire de la préparer pour des étrangers. A. de Lamartine, Voyage en Orient,t. 2, 1835pp. 443-444.
Rem. Syntagmes divers : aga des janissaires (Ac. 1835, Littré, Ac. 1878, DG, Lar. encyclop.), général en chef de cette milice, au pouvoir équivalent à celui d'un grand vizir (cf. Lar. 19e); aga de l'étrier, ,,titre des officiers qui approchent de plus près la personne du sultan`` (Besch. 1845); aga des eunuques (DG); aga de l'intérieur, ,,titre des différents officiers attachés au service particulier du sultan`` (Ac. Compl. 1842); agas de l'extérieur, ,,officiers qui tiennent par leurs charges à la cour et à l'État`` (Ac. Compl. 1842); agas du cercle ou du foyer, ,,généraux en chef de l'armée turque qui étaient au nombre de six`` (Ac. Compl. 1842).
Kislar-aga. ,,Chef des eunuques noirs`` (Lar. 19e) :
6. L'Espagne catholique était plus romaine que Rome même. Le couvent espagnol était par excellence le couvent catholique. On y sentait l'Orient. L'archevêque, kislar-aga du ciel, verrouillait et espionnait ce sérail d'âmes réservé à Dieu. La nonne était l'odalisque, le prêtre était l'eunuque. Les ferventes étaient choisies en songe et possédaient Christ. V. Hugo, Les Misérables,t. 1, 1862, pp. 611-612.
2. Aga Khan. Titre du chef spirituel des Musulmans ismaéliens.
P. ext., fam. Chef tout-puissant qui ne peut être contesté :
7. Fernand Trignol est en quelque sorte l'Aga Khan de l'argot. Édouard Bourdet n'a pas hésité à faire appel à ses conseils pour écrire Fric-Frac. Pierre Lhoste. [Préface]. F. Trignol, Pantruche, ou les Mémoires d'un truand,1946, p. 11.
8. C'était un grand barbeau [qui avait six gonzesses] ... Il était le roi du quartier, comme qui dirait l'Aga Khan aux Indes. F. Trignol, Pantruche, ou les Mémoires d'un truand,1946p. 26.
3. Titre donné en Algérie, sous l'administration française, au chef indigène supérieur au caïd et à certains officiers français exerçant les mêmes pouvoirs :
9. En Algérie, sous l'administration française, dans la hiérarchie des tribus, on trouve le caïd, l'aga et le bach-aga. Lar. 20e.
B.− P. ext.
1. Titre honorifique, titre de politesse que l'on donne en pays musulman aux personnes de distinction :
10. − Ah! Aga, le khadi s'est trompé; par Mohammed, sur qui soient les saluts de Dieu, tu devrais remettre au moins une brique sous mes pieds. M. Du Camp, Le Nil, Égypte et Nubie,1854, p. 215.
11. Je m'appelle Ghoulam-Hussein. Mais comme c'était le nom de mon grand-père, et que, naturellement, mes parents, en parlant de lui, disaient toujours « Aga », c'est-à-dire Monseigneur, on m'appelait seulement Aga, par respect pour le chef de la famille, dont le nom ne saurait se prononcer légèrement; ... J.-A. de Gobineau, Nouvelles asiatiques,La Guerre des Turcomans, 1876, p. 183.
2. Argot :
12. Aga (mil.) s. m. Mot arabe-algérien. Désigne un commandement militaire supérieur. G. Delesalle, Dict. argot-français et français-argot,1896, p. 6.
Prononc. ET ORTH. : [aga]. L'orth. de ce mot est variable; on trouve par ordre décroissant de fréq. : aga, agha, aga et arha.
Étymol. ET HIST. − 1535 aga (des janissaires) « chef militaire chez les Turcs » (Lettre au Cardinal du Bellay, König ds Fr. mod. t. 9, 1941, p. 129); 1546 aga « id. » (Ant. Geuffroy, Description de la cour du grand Turc, Schefer 233, A. Delboulle ds R. Hist. litt. Fr., t. 1, p. 493 : L'aga des janissaires). Empr. au turc ottoman aġa « chef, seigneur » qui a signifié aussi « le frère aîné » et dont le sens originel était « vieillard » (Lok. 1927, s.v. aġa). À l'époque mod. le turc ottoman aġa est le titre des officiers subalternes jusqu'au capitaine, alors qu'autrefois on l'employait aussi pour les officiers supérieurs et les eunuques du palais (FEW t. 19 s.v. aġā ).
BBG. − Bél. 1957. − Boiss.8. − Fér. 1768. − Pissot 1803. − Prév. 1755.