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ÉTRANGLER v. tr.
XIIe siècle. Issu, par l'intermédiaire du latin strangulare, du grec straggalân, « étouffer, étrangler », de straggalê, « cordon, lacet ».
1. Serrer à la gorge de manière à faire perdre la respiration, la vie. Étrangler de ses mains. Étrangler avec un lacet, un nœud coulant. Les voleurs l'ont étranglé. Il le tenait à la gorge et voulait l'étrangler. Pron. Il s'est étranglé avec une corde. Par exag. Fam. Je l'aurais volontiers étranglé. • Pron. Perdre momentanément la respiration par suite d'une constriction ou d'une obstruction accidentelle du gosier. S'étrangler en avalant de travers. J'ai failli m'étrangler avec une arête. Par exag. S'étrangler de rire, de colère, de fureur. Par méton. La voix du moribond s'étranglait. Les derniers mots s'étranglèrent dans sa gorge. • Par ext. Le col de ma chemise m'étrangle, me serre trop le cou. Elle était étranglée par l'émotion. Des sanglots l'étranglaient ou, par méton., étranglaient sa voix.
2. Rendre étroit ; comprimer. À cet endroit, une masse rocheuse étrangle la vallée. MARINE. Étrangler une voile, la ferler contre le mât. • Pron. Devenir plus étroit, plus resserré. Le Danube s'étrangle aux Portes de Fer.
3. Fig. Empêcher le libre fonctionnement de, mettre fin à ; ruiner. Ce dictateur a étranglé la démocratie. De telles mesures risquent d'étrangler le petit commerce. Mes créanciers m'étranglent. Spécialt. Étrangler une affaire (vieilli), la juger à la hâte, sans qu'elle ait été suffisamment examinée, ne pas lui laisser suivre son cours (on dit aujourd'hui Étouffer).