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DÉVORER v. tr.
XIIe siècle, devurer, puis devourer. Emprunté du latin devorare, « avaler, engloutir, dévorer ».
1. Manger en déchirant avec les dents. Les bêtes sauvages l'ont dévoré. La gazelle a été dévorée par des lions. Saturne dévorait ses enfants.
2. Manger avidement, avaler goulûment. En quelques minutes, ils eurent dévoré le rôti. Absolt. Manger avec voracité ou à l'excès. Cet homme ne mange pas, il dévore. Expr. fig. et fam. Dévorer des yeux une personne, une chose, la contempler avec insistance, avec convoitise. Par anal. Dévorer les paroles de quelqu'un, les écouter avec un intérêt passionné. Dévorer un livre, le lire avec avidité et promptitude. J'ai dévoré ce roman.
3. Spécialt. En parlant d'animaux nuisibles. Manger entièrement, sans rien laisser subsister. Les pucerons ont dévoré toutes les feuilles de ce rosier. Les criquets pèlerins dévorent en quelques heures toute la végétation. Par exag. Expr. fig. et fam. Être dévoré par les insectes, les moustiques, être abondamment piqué. • En parlant de plantes. Envahir de manière à cacher, à faire disparaître (surtout au participe passé). Un champ en friche dévoré par les mauvaises herbes. Des allées dévorées de mousse. Par anal. Un visage dévoré par la barbe. Ses yeux, sa bouche lui dévorent le visage, paraissent démesurés dans son visage.
4. Consumer, épuiser entièrement. Les flammes ont dévoré la maison. La fièvre, le mal qui le dévore. Par anal. Il ne peut plus maîtriser l'ardeur, la jalousie qui le dévore. Être dévoré d'ambition. Un chagrin secret le dévore. Être dévoré d'inquiétude, de remords. Fig. Une journée dévorée par les tâches matérielles.
5. Class. En parlant de ce que l'on veut cacher ou que l'on est contraint de cacher. Dévorer ses chagrins, ne pas les laisser paraître. Dévorer ses larmes, retenir ses larmes quand elles sont près de s'échapper. Dévorer un affront, une injure, cacher le ressentiment qu'on en éprouve (en ce sens, on dit plutôt aujourd'hui Ravaler).