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AIGRE adj. et n. m.
XIIe siècle. Du latin populaire acrus, « pointu, pénétrant », puis « acide, aigre », en latin classique acer, acris.

I. Adj.
1. Qui est acide et âpre au goût. Une pomme aigre. Des cerises, des oranges aigres. • Spécialt. Qui est devenu acide par fermentation ou altération. Du vin aigre. Du lait aigre.
2. Qui produit sur un des sens une impression piquante, saisissante et désagréable. Une odeur aigre. Un vent, un froid aigre. Des couleurs aigres, trop vives et mal accordées. Un son aigre, trop aigu et perçant. La sonorité aigre des fifres. Avoir une voix aigre.
3. Qui exprime le ressentiment, la mauvaise humeur, l'amertume. Des paroles aigres. Des remarques, des critiques aigres. Un ton aigre. Une lettre aigre et acrimonieuse. Par méton. Une personne aigre, revêche et désagréable.

II. N. m. Saveur, odeur piquante et acide. Ce lait sent l'aigre. Un goût, une odeur d'aigre. Expr. Il y a de l'aigre dans l'air, le temps est à l'aigre, le temps ne se radoucit pas. Tourner à l'aigre, s'altérer et devenir acide ou, fig., prendre un caractère violent, acerbe. Ce vin tourne à l'aigre. La discussion a tourné à l'aigre.