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ABUSEMENT, subst. masc.
1. Au sing. ,,Action d'abuser.`` (Ac. Compl. 1842).
2. Au plur., rare :
Tout ce que tant de déceptions, tant de désabusements, ou si l'on préfère tant d'abusements ont accumulé, ont refoulé en lui de force, rentrée, et de volonté, manquée, il la reporte sur ses enfants. Ch. Péguy, L'Argent,t. 2, 1913, p. 1294.
Rem. Cf. ibid., pp. 1294, 1295, 1298, 1300, etc. Le cont. indique que le mot est formé p. anal. avec désabusement, détournement, etc.
Étymol. ET HIST. − 1. faire abusement « tromper » (Gilles, Gouv. des princes, Arsenal, 5062, fol. 159 b ds Gdf. : Si les parents ne avoient congnoissance de leurs propres enfans, aisement seroient faict abusement des parents et consanguins); 2. xve-xvies. « ce qui trompe » (Anc. Poés. fr., éd. Janet, t. II, p. 240, La Doctrine du père au fils ds Hug. : Mon enfant, n'abuse jamais ton cueur en ces orduremens mondains, qui sont abusemens Et sont incontinent passez). Vivant en a. fr. et jusqu'au début du xviies. (cf. les expr. : abusement de l'œil, ou, de veuë, citées par Cotgr. 1611), le mot semble sorti de l'usage dep. cette époque, malgré sa résurgence au xxes. dans l'œuvre de Péguy. Dér. de abuser* 2; suff. -ment1*.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 5.