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ABASOURDISSEMENT, subst. masc.
I.− Sens phys., rare. État d'une personne étourdie à l'extrême par un grand bruit (Cf. dict.).
II.− Fig. État psychologique voisin de la stupeur :
1. Aussi ce ne fut ni l'invasion de Napoléon en Italie, ni les principes français qui perdirent Venise; mais la conduite de son gouvernement et l'abasourdissement de ceux qui le composaient. E.-D. de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène,t. 1, 1823, p. 690.
2. Pour se bien faire une idée du trouble profond que le tableau de Dante et Virgile dut jeter dans les esprits d'alors, de l'étonnement, de l'abasourdissement, de la colère, du hourra, des injures, de l'enthousiasme et des éclats de rire insolents qui entourèrent ce beau tableau, vrai signal d'une révolution, il faut se rappeler que dans l'atelier de M. Guérin, homme d'un grand mérite, mais despote et exclusif comme son maître David, il n'y avait qu'un petit nombre de parias qui se préoccupaient des vieux maîtres à l'écart et osaient timidement conspirer à l'ombre de Raphaël et de Michel-Ange. Ch. Baudelaire, Salon de1846, 1846, p. 112.
Rem. Dans l'ex. 2 abasourdissement indique, par rapport à étonnement, un progrès dans l'intensité; en effet, l'abasourdissement, à la différence de l'étonnement, porte atteinte à la sensibilité.
Prononc. : [abazurdismɑ ̃]. Enq. : /abazurdismã/.
ÉTYMOL. ET HIST. − Dér. de abasourdir* à l'aide du suff. nom. -ment2*. Comme abasourdissant et à la différence de abasourdir (cf. ces mots, étymol. et hist.), mot entré tardivement dans la lang. (xixes.) et n'ayant aucune accept. arg. Attesté pour la 1refois en 1823 au sens fig. (cf. ex. 1) et en 1835 ou peut-être en 1831 (cf. Journet-Petit) au sens phys., le mot subsiste dans les 2 sens. Cependant seuls les dict. du xxes., contrairement à ceux du xixes., distinguent les 2 sens (Pt Lar., Lar. encyclop., Lar. 3).
STAT. − Fréq. abs. litt. : 2.