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ÉCHALOT(T)E,(ÉCHALOTE, ÉCHALOTTE) subst. fém.
Plante potagère, du genre ail, dont les feuilles et surtout les bulbes sont utilisés comme condiment de saveur moins forte que l'ail. Échalot(t)e émincée; échalot(t)e d'Alençon; gousse d'échalot(t)e, sauce (à l') échalot(t)e. À la maison on larde les gigots d'échalote et d'ail (Huysmans, Sœurs Vatard,1879, p. 310).Penchés sur le plat d'où monte un parfum vert de pimprenelle et d'échalote (Dorgelès, Croix de bois,1919, p. 124).
Rem. On rencontre chez Huysmans l'adj. dérivé échaloté, ée. Assaisonné avec des échalottes. Une anguille chapelurée, nageant dans une eau échalotée (Huysmans, Oblat, t. 2, 1903, p. 45). Attest. isolée 1552 (Rabelais, Tiers livre, chap. XXVI, éd. M. A. Screech, p. 189 : eschalloté).
Prononc. et Orth. : [eʃalɔt]. Ds Ac. 1694, s.v. eschalotte, Ac. 1718, s.v. eschalote, Ac. 1740-1932 sous la forme mod. avec 1 seul t comme dans la majorité des dict. gén. On rencontre la forme avec 2 t ds Fér. 1768, Besch. 1845. Dupré 1972, p. 760 rappelle que l'Ac. Goncourt, contrairement à l'Ac. fr. préconise cette manière d'écrire le mot. En ce qui concerne la docum. il semble que l'orth. soit très indécise au xixes. On peut voir les 2 orth. chez le même aut., cf. Goncourt, 2 t ds G. Lacerteux, 1964, p. 163 et Journal, 1866, p. 38 mais 1 t à la p. 300 de ce même journal; cf. Zola, 2 t ds E. Rougon, 1876, p. 162 mais 1 t ds Ventre Paris, 1873, p. 626. Au xxes. les aut. choisissent l'orth. avec 1 t, cf. Renard, Journal, 1909, p. 1231; Jammes, Géorgiques, Chants, 1911, p. 22; Giraudoux, Suzanne, 1921, p. 69. Étymol. et Hist. Ca 1500 eschalote (J. Joret, Jardin de Santé, I, 1 ds Gdf. Compl.). Issu, par substitution de suff. (-ote*), de l'a. fr. échalogne [fin xies. *eschaloines (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 1, no375 [ms. du xives.])]; ca 1140 escaluigne (Pèlerinage de Charlemagne à Jérusalem, éd. E. Koschwitz, 575), dér. du lat. class. ascalonia cepa et absol. ascalonia « oignon d'Ascalon (Ashkelon, ville de Palestine) », lat. médiév. scalongia (fin du xiiies., Matthaeus Silvaticus ds Du Cange, s.v. ascaloniae). Fréq. abs. littér. Échalote : 26. Bbg. Thomas (A.). Nouv. Essais 1904, p. 17.