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REMPLACER, verbe trans.
A. − [Le suj. désigne l'agent]
1. Mettre quelque chose ou quelqu'un à la place de quelque chose ou de quelqu'un d'autre.
a) [Le compl. désigne une chose]
α) Qqn1remplace qqc.2par qqc.3ou, plus rarement avec qqc.3.Synon. substituer.Sa tête avait été mise à prix; le consul promettait d'en donner le poids en or. Un Septimuleïus en fait sortir la cervelle et la remplace avec du plomb fondu (Michelet, Hist. romaine, t. 2, 1831, p. 143).En grand secret, je remplace mes bas par des chaussettes (Colette, Cl. école, 1900, p. 176).
Empl. pronom. passif. Bah! dit-il, après un petit silence... Tout se remplace (Mirbeau, Journal femme ch., 1900, p. 267).
β) En partic. Mettre quelque chose de neuf à la place de quelque chose qui a été usé, détruit ou perdu. Synon. changer.Les cousines allaient acheter une vache, pour remplacer Blanchette (Zola, Terre, 1887, p. 170).Si on vous avait volé votre coffre-fort, vous le remplaceriez (Hamp, Champagne, 1909, p. 105).
b) [Le compl. désigne une pers.] Mettre quelqu'un capable d'assumer les mêmes fonctions à la place de quelqu'un d'autre.
α) Qqn1remplace qqn2par qqn3.À deux heures du matin on vint changer le factionnaire qui était un vieux soldat, et on le remplaça par un conscrit (Hugo, Misér., t. 2, 1862, p. 176).J'ai un peu d'instruction. Ne pouvez-vous m'occuper à la mairie? − Heu, dit Lacombe... c'est-à-dire... justement je pensais remplacer les employés qui restent par des femmes (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 18).
β) Qqn1remplace qqn 2.Il s'absenta de l'Hôtel-Dieu sans congé, et, pour cette faute, fut immédiatement remplacé (A. France, Rabelais, 1909, p. 31).Je vais être obligé de remplacer Lanrezac: j'ai songé à vous (Joffre, Mém., t. 1, 1931, p. 371).
2. Créer quelque chose à la place de quelque chose d'autre, qui disparaît ainsi. Dans un moment où il lui semblait trop difficile de résister aux vœux des plébéiens, il remplaça le consulat par le tribunat militaire (Fustel de Coul., Cité antique, 1864, p. 395).
B. − [Le suj. désigne ce qui prend la place]
1. Occuper la place ou assumer la fonction de quelque chose ou de quelqu'un d'autre.
a) Qqc.3remplace qqc.2.Synon. tenir lieu de, suppléer, se substituer à.Le brasero remplace en Espagne les cheminées, qui sont fort rares (Gautier, Tra los montes, 1843, p. 40).Caderousse était assis (...) sur un de ces bancs de bois qui dans les auberges de village remplacent les chaises (Dumas père, Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 663).L'idée de l'expérience ne remplace nullement l'expérience (Alain, Propos, 1924, p. 605).
Empl. pronom. réciproque. Synon. s'échanger.L'état physiologique et l'état pathologique ne sauraient être considérés comme deux états distincts qui se remplacent (Cl. Bernard, Princ. méd. exp., 1878, p. 140).
b) Qqn3remplace qqn2.Assumer les fonctions ou jouer le rôle que quelqu'un d'autre avait auparavant ou habituellement. Synon. succéder à.Un vieux franc-tireur qui suivait la litière, attendant son tour pour remplacer le premier camarade qui flancherait (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Idées colonel, 1884, p. 251).Paneloux accepte de remplacer Rambert à la maison de quarantaine (Camus, Peste, 1947, p. 1386).
En partic. Exercer temporairement ou dans des circonstances déterminées les fonctions de quelqu'un qui se trouve dans l'impossibilité de les exercer. Synon. suppléer.− Monsieur le commissaire de police? − Il est absent. Je le remplace (Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 916).Quand la patronne fait des courses, c'est son cousin qui la remplace au comptoir (Sartre, Nausée, 1938, p. 35).
HIST. Effectuer le remplacement de quelqu'un au service militaire:
Ils s'adressaient à une agence ou à un monsieur qui (...) leur trouvait un pauvre diable, lequel consentait à les remplacer au régiment pendant sept années... Mirbeau, Journal femme ch., 1900, p. 39.
2. Prendre la place de quelque chose dans le temps. Synon. succéder à.À mesure que l'aurore remplaça l'aube, toutes ces eaux prirent alternativement les reflets changeants de la nacre (Sand, Lélia, 1839, p. 497).Le prolétariat doit (...) aboutir à un État socialiste remplaçant l'État bourgeois (Sorel, Réflex. violence, 1908, p. 263).
Empl. pronom. réciproque. Synon. se succéder.C'était plutôt comme les images d'un kaléidoscope qui se remplacent l'une l'autre dans une succession incompréhensible, absurde (Daniel-Rops, Mort, 1934, p. 203).Tour à tour les contraires s'opposent, se nient et se remplacent, sans qu'on puisse jamais atteindre une unité plus haute (J. Vuillemin, Essais signif. mort, 1949, p. 252).
Prononc. et Orth.: [ʀ ɑ ̃plase], (il) remplace [-plas]. Att. ds Ac. dep. 1694. Conjug. Prend une cédille devant a et o: il remplaçait, nous -çons. Étymol. et Hist. 1. 1606 « mettre (une chose) à une autre place » (Nicot); 1607 « remettre en place » (Vauquelin, Sat., A Thiard ds Hug.); 2. 1611 « mettre à la place d'une autre personne, d'un autre objet » (Cotgr.); 1709 « succéder à quelqu'un dans un emploi » (Lesage, Turcaret, II, 8 ds Littré); 1792 « faire à la place de quelqu'un le temps de service militaire imposé par la loi » (Rapport de Pache du 25 oct. ds Brunot t. 9, p. 944); 1835 « remplir de façon passagère les fonctions de quelqu'un » (Ac.); 3. 1616 « tenir lieu d'un objet, d'une personne » (Crespin); 4. 1679 « faire un placement nouveau d'un capital » (Rich.). Formé de re-* et de l'a. verbe emplacier « mettre en place » (emplacement*). Fréq. abs. littér.: 3 147. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 6 498, b) 6 357; xxes.: a) 5 753, b) 6 602.
DÉR.
Remplaçable, adj.Qu'on peut remplacer. Anton. irremplaçable.Alban, un peu étourdi, s'émerveillait bientôt combien un être qu'on désire est facilement remplaçable par un autre (Montherl., Bestiaires, 1926, p. 474).Mis en présence d'une solution d'électrolyte, les cations échangeables (...) sont remplaçables par ceux de la solution suivant la réaction d'équilibre (Caillère, Hénin, Minér. argiles, 1963, p. 69).[Sans compl.] Ces toilettes n'étaient pas un décor quelconque, remplaçable à volonté, mais une réalité donnée et poétique comme est celle du temps qu'il fait, comme est la lumière spéciale à une certaine heure (Proust, Prisonn., 1922, p. 33).Quoi de plus remplaçable que Mathilde? (Mauriac, Genitrix, 1923, p. 368). [ʀ ɑ ̃plasabl̥]. 1reattest. 1784 (De La Coste, Voyage philos. d'Angleterre, t. 1, p. 208; de remplacer, suff. -able*.