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FORMALITÉ, subst. fém.
A.− Gén. au plur.
1. Opération prescrite par une règle légale, administrative ou religieuse. Les formalités nécessaires à la validité d'un contrat, d'un testament, d'un mariage (Ac.). Regardait-il sérieusement l'absolution comme une formalité vaine (...) lorsqu'elle n'avait pas été précédée par un acte de contrition (...)? (Bremond, Hist. sent. relig.,t. 4, 1920, p. 144).Pas de mariage religieux, afin de s'épargner les formalités grotesques de l'annulation à Rome (Montherl., Démon bien,1937, p. 1248).Les formalités de quarantaine avaient été maintenues aux portes, et le ravitaillement était loin d'être amélioré (Camus, Peste,1947, p. 1440):
1. La loi a prévu, naturellement, qu'un condamné eût à faire des aveux, et le code d'instruction criminelle a disposé qu'en ce cas un juge assisté d'un greffier recueillerait la déclaration du coupable. Ces formalités sont la garantie nécessaire de la justice et de la vérité. Clemenceau, Iniquité,1899, p. 430.
2. ... les travaux ont été jugés un peu trop considérables et la loi de 1870 nous oblige à demander la reconnaissance d'utilité publique. C'est une pure formalité, cela va sans dire. Le progrès est une chose qui ne se discute pas. Duhamel, Nuit St-Jean,1935, p. 22.
SYNT. Formalité(s) administrative(s), civile(s), douanière(s), légale(s), religieuse(s); accomplir, remplir les formalités prescrites; se soumettre aux formalités d'usage; ce n'est qu'une simple formalité.
DR. Formalité substantielle. ,,Formalité dont l'accomplissement est nécessaire pour la validité d'un acte`` (Cap. 1936).
Loc. Sans (aucune) formalité. La loi de Valérius Publicola, qui permettait de tuer sans formalité quiconque aspirerait à la tyrannie (Constant, Esprit de conquête,1813, p. 249).Beschir (...) fondit avec impétuosité sur l'armée de ses rivaux, la dispersa, s'empara des deux princes, et les fit étrangler sans autre formalité (Lamart., Voy. Orient,t. 1, 1835, p. 261).
2. P. ext.
a) Manière d'agir prescrite par la bienséance, les conventions sociales. Il entra et s'assit, sans autre formalité, sans plus de formalités (Ac.). Il faut aussi savoir gré aux Allemands de la bonne volonté qu'ils témoignent par les révérences respectueuses et la politesse remplie de formalités (Staël, Allemagne,t. 1, 1810, p. 50).Les apparences d'égards, les formalités de bienséance ont disparu (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 2, 1823, p. 425).V. beau ex. 65, entier ex. 7 :
3. Anny vient m'ouvrir (...). Elle dit d'un ton boudeur et très vite, pour se débarrasser des formalités : « Entre et assieds-toi où tu voudras (...) ». Sartre, Nausée,1938, p. 173.
b) Acte sans importance, sans difficulté. Sa passion était consommée; faite; la rédemption était consommée. Faite. Il n'y avait plus que cette formalité (pour lui) de la mort (Péguy, Myst. charité,1910, p. 71).Le matérialisme, une fois posés les éléments − atomes ou électrons − a l'air de considérer comme une simple formalité sans importance l'apparition de l'univers (Ruyer, Esq. philos. struct.,1930, p. 45):
4. Fugue de violons; le second Curiace mord la poussière. (...) quelques trilles de flageolet en font compliment au dernier Horace. Ce qui lui reste à faire n'est plus qu'une simple formalité : il marche vers le dernier Curiace, et le tue avec une rentrée d'altos. Reybaud, J. Paturot,1842, p. 202.
B.− Gén. au sing. [Chez Aristote et les philos. scolast.] ,,Point de vue particulier et déterminant sous lequel est considéré un être ou développée une science`` (Foi t. 1 1968). La science, telle que la conçoit Aristote, est la connaissance de l'essence intelligible, et le degré hiérarchique d'une science se mesure à la formalité de son objet (L. Robin, Aristote,Paris, P.U.F., 1944, p. 39).Il faut prendre au sérieux ce que le Gorgias, le Banquet et la République avaient renié − les nuances de l'arc-en-ciel, le chatoiement des étoffes, les plus vaines « formalités » de la forme sensible (Jankél., Je-ne-sais-quoi,1957, p. 7).V. analogie ex. 20.
Prononc. et Orth. : [fɔ ʀmalite]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1425 « opération que l'on doit exécuter dans l'accomplissement de certains actes » (Stat. des bouchers ds Delb. Rec. d'apr. DG); 2. 1666 « règle convenue » (Molière, L'Amour médecin, II, 3 : Il faut toujours garder les formalités, quoi qu'il puisse arriver). Dér. sav. du lat. formalis, v. formel. Fréq. abs. littér. : 483. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 892, b) 754; xxes. : a) 544, b) 561.