ÉQUITABLE
adjectifA. —[En parlant d'une pers. ou d'un groupe de pers.] Qui a le sens de l'équité, qui se comporte avec équité. Un tribunal équitable; un esprit, un tempérament équitable. Un dieu fort équitable, qui juge avec impartialité le Bonze et le Derviche, le Juif et le Mahométan (, Génie, t. 1, 1803, p. 304). Un médiateur équitable, un conciliateur persuasif (, Hist. vie, t. 2, 1855, p. 266). L'abbé Prévost intitula sa gazette : « le Pour et le Contre ». Par ce titre il promettait d'être équitable (, Génie lat., 1909, p. 199).
B. —[En parlant d'un acte, d'une attitude, d'un fait] Conforme à l'équité, fondé sur l'équité.
1.[Un seul obj. est concerné — l'idée de justice prédomine] Acte, appréciation, compensation, mobile, proposition équitable. Sur quoi fonderai-je une opinion équitable d'une personne que je n'ai point connue? (, Variété IV, 1938, p. 22). Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail (Déclar. univ. Dr. Homme, 1949, p. 6) :
1. ... tandis qu'il est juste et bon de différer les objections que nous pouvons avoir contre l'armée, il est également juste et équitable de dénoncer dans cette minute le vice de notre corps enseignant. (, Cahiers, t. 2, 1898, p. 279)
• Emploi subst. avec valeur de neutre. Il arrive (...) souvent (...) qu'on ne trouve pas de démarcation tranchée entre l'honnête et le déshonnête, entre l'équitable et l'inique, entre l'utile et le pernicieux (, Fond. connaiss., 1851, p. 405).
— En partic.,dans le domaine du dr. positif. Une loi équitable. Le président Magnaud rend, il est vrai, des sentences équitables. Mais on les lui casse, et c'est justice (, Crainquebille, 1904, p. 36) :
2. Nous devrons encore restaurer la justice de l'État et livrer à ses équitables jugements ceux qui ont trahi la patrie. (, Mém. guerre, 1956, p. 583)
2.[Chaque élément d'un ensemble, chaque individu d'un groupe est concerné — l'idée de proportionnalité prédomine] Distribution, part, partage équitable. Son sourire équitable [de la patronne] ne fait pas de jaloux, mais il ne se refuse pas l'ironie (, Fanal, 1949, p. 163) :
3. Le sentiment religieux, il se laïcise déjà, il est partout! Dans tout ce qu'on tente, d'un bout à l'autre du monde, pour défendre le droit, pour préparer un avenir social meilleur, une répartition plus équitable des biens et des devoirs! (, J. Barois, 1913, p. 502)
— Spéc.,dans le domaine des probabilités. Proportionnel aux probabilités (cf. Rob. Suppl. 1970). Pari équitable. Pari dans lequel le risque est fonction des chances de succès :
4. ... tout se passe comme si le tenancier de la maison de jeux pariait contre un seul joueur, mais infiniment riche. Il en découle qu'aucun tenancier ne peut se permettre de tenir des paris équitables, donc que tous les casinos ouverts au public contiennent exclusivement des jeux qui favorisent la caisse de la maison. Ce n'est pas que le casino triche : il n'est pas joueur. (Jeux et sp., 1967, p. 476)
Remarque : On rencontre ds la docum. équitabilité, subst. fém. Fait d'être équitable (cf. charité ex. 12); caractère équitable de quelque chose. Équitabilité d'un jeu (cf. Rob. Suppl. 1970).
Prononciation et orthographe
[ekitabI̥]. Ds Ac. 1694-1932. Cf. équi-.
Étymologie et histoire
Vers 1512 (Cité ap. Fabri, Rhétorique, 11, II, 107, Héron ds R. Hist. litt. Fr., t. 12, p. 138). Dér. du rad. de équité*; suff. -able*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 304. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 538, b) 277; xxe s. : a) 473, b) 399.
Dérivés