RELIGIOSITÉ
substantif féminin— En partic. (le plus couramment). Disposition religieuse à forte tendance affective, sans référence à une religion particulière, sans contenu dogmatique précis. Vague religiosité. Leur religiosité superficielle qui ne flétrissait que les scandales, et leur apologie d'un christianisme aboutissant infailliblement (...) à un colossal mariage d'argent (, Guermantes 2, 1921, p. 408). La religiosité n'est pas la religion: au regard d'une religion dogmatique et dans sa force encore, ce n'est pas grand'chose de se dire seulement sensible à Dieu (, Jean-Jacques, 1952, p. 124). V. religion I B 1 b ex. de Lévy-Bruhl.
• P. méton., au plur. Manifestations de cette disposition. Les religiosités de M. Flandrin, sont écrites dans une langue pâteuse, sans aucun style (, Art mod., 1883, p. 196). L'idéalisme religieux qui substitue les exaltations intérieures et les religiosités vagues au corps solide d'une religion à la fois métaphysique, sociale, juridictionnelle, sacerdotale et rituelle (, Traité caract., 1946, p. 744).
Prononciation et orthographe
[ʀəliʒjozite]. Att. ds Ac. dep. 1878.
Étymologie et histoire
1. xiiie s. « piété, dévotion à Dieu » (Bible, Maz. 684, fol. 21c ds Gdf. : La paor de nostre seigneur est religiosité de science, et religiosité gardera le cuer et le justifiera [Eccli. I, 17-18]);
2. 1801 « disposition religieuse affective, dénuée d'attache avec une foi, un culte précis » (Villers, Kant, p. 135 ds Littré [opposé à religion, religion positive]). Empr. au lat. religiositas « sentiment religieux » (iie s., Apulée); « religion, piété » dans la lang. chrét. (déb. iiie s., Tertullien ds Blaise Lat. chrét.).
2. 1801 « disposition religieuse affective, dénuée d'attache avec une foi, un culte précis » (Villers, Kant, p. 135 ds Littré [opposé à religion, religion positive]). Empr. au lat. religiositas « sentiment religieux » (iie s., Apulée); « religion, piété » dans la lang. chrét. (déb. iiie s., Tertullien ds Blaise Lat. chrét.).
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 74.