POLTRON, -ONNE,
adjectif• [P. méton. du déterminé]Rare. À certains regards poltrons, ils se confessaient cette angoisse (, Faute Abbé Mouret, 1875, p. 1384). Leur tapage furieux cache une mentalité poltronne (, Essai signif. mort, 1949, p. 137).
— Empl. subst. Personne ne croyait plus en Tartarin. Les naïfs, les poltrons, des gens comme Bézuquet, qu'une puce aurait mis en fuite (, Tartarin de T., 1872, p. 39). On m'a insultée devant toi, et tu as laissé dire, et tu ne te bats point! Il ne te manquait plus que d'être un poltron! (, Contes et nouv., t. 1 Hérit., 1884, p. 506). V. femmelette ex. de Musset.
Prononciation et orthographe
[pɔltʀɔ̃], fém. [-ɔn]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1. 1509 subst. poultron « lâche » (J. Marot, Voy. de Venise, éd. G. Trisolini, p. 113, 2601); 1558 adj. (doc. 14 avr. ds Négociations de la France dans le Levant, éd. E. Charrière, t. 2, p. 458, note);
2. 1618 fauconn. ici p. métaph. (N. Deslauriers, Les Fantaisies de Bruscambille, p. 184); 1765 pêche (crabe) poltron (Encyclop. t. 12, p. 223b). Empr. à l'ital. poltrone « vil, peureux » (dep. 1er tiers xvie s., Fr. Berni ds Tomm.-Bell.), aussi « paresseux, oisif » (dep. 2e moit. xiiie s., Jacopone Da Todi, ibid. ; à l'orig. dans ce sens du fr. po(i)ltron « paresseux, coquin », att. de 1552, Rabelais, Quart Livre, chap. 59, éd. R. Marichal, p. 238, à 1700, Pomey d'apr. FEW t. 9, p. 531b), dér. de poltro « poulain non dompté », du lat. vulg. *pulliter, -tri (cf. lat. médiév. poletrum ds la Loi Salique, LXIII, § 5, éd. K. A. Eckhardt, p. 178), dér. du lat. pullus « petit d'un animal ». V. FEW, loc. cit., p. 532b et H. Estienne, Deux dialogues du nouv. lang. françois italianizé, éd. P.-M. Smith, p. 108, note 184.
2. 1618 fauconn. ici p. métaph. (N. Deslauriers, Les Fantaisies de Bruscambille, p. 184); 1765 pêche (crabe) poltron (Encyclop. t. 12, p. 223b). Empr. à l'ital. poltrone « vil, peureux » (dep. 1er tiers xvie s., Fr. Berni ds Tomm.-Bell.), aussi « paresseux, oisif » (dep. 2e moit. xiiie s., Jacopone Da Todi, ibid. ; à l'orig. dans ce sens du fr. po(i)ltron « paresseux, coquin », att. de 1552, Rabelais, Quart Livre, chap. 59, éd. R. Marichal, p. 238, à 1700, Pomey d'apr. FEW t. 9, p. 531b), dér. de poltro « poulain non dompté », du lat. vulg. *pulliter, -tri (cf. lat. médiév. poletrum ds la Loi Salique, LXIII, § 5, éd. K. A. Eckhardt, p. 178), dér. du lat. pullus « petit d'un animal ». V. FEW, loc. cit., p. 532b et H. Estienne, Deux dialogues du nouv. lang. françois italianizé, éd. P.-M. Smith, p. 108, note 184.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 202. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 279, b) 611; xxe s. : a) 226, b) 157.
Bibliographie
Hope 1971, p. 217.