MÉTICULEUX, -EUSE,
adjectifA. —[En parlant d'une pers.]
1.Vx. Qui a des scrupules exagérés. Je connus chez Mme Cabanis un honnête homme, mais bien bourgeois, bien étroit dans ses idées, bien méticuleux dans toute sa petite politique de ménage (, Souv. égotisme, 1832, p.53).
2. Qui a le goût du petit détail. Synon. minutieux, soigneux ; anton. brouillon, désordonné. Lui, ordinairement si méticuleux, si soigneux de ses affaires, entassa tout à la diable, linge, vêtements, à coups de poing, à coups de pied (, Roul. tsar, 1912, p. 164). Une petite vieille (...) méticuleuse comme la province, avec son chapeau noir et un pliant (, Beaux quart., 1936, p. 444). L'infériorisé veut tout avoir: il est avare, curieux, méticuleux par angoisse souvent (, Traité caract., 1946, p. 598).
B. —[En parlant d'un inanimé]
1. Qui témoigne d'un goût prononcé pour le petit détail. C'était une grande et maigre personne, ne perdant pas un pouce de sa longue taille, alerte et d'une propreté méticuleuse (, Mais. deux barbeaux, 1879, p.6).
2. Qui est conduit avec minutie; qui demande de la minutie. Un travail méticuleux. Les exigences journalières d'une profession aussi méticuleuse que celle de l'imprimeur (, Illus. perdues, 1843, p. 552). Une enquête méticuleuse révéla tout le passé des Léopold, c'est-à-dire la légende cristallisée depuis longtemps (, Femme pauvre, 1897, p. 254). Mme Ladevèze ôta ses gants, sa voilette, posa un lorgnon sur son nez et commença un méticuleux inventaire (, Hôtel, 1929, p. 159).
Prononciation et orthographe
[metikylø], fém. [-ø:z]. Att. ds Ac. dep. 1798.
Étymologie et histoire
1. 1547 «craintif» (Budé, Instit. du prince, éd. J. Foucher, ch. 39 ds Hug.), rare;
2. av. 1813 «empreint de scrupule» ton méticuleux [d'un personnage] (Delille, Convers., II ds Littré);
3. 1817 «qui s'attache scrupuleusement au détail, procède avec un soin méticuleux» censure méticuleuse (Stendhal, Rome, Naples et Flor., t. 2, p. 88); 1831 (Balzac, Peau chagr., p. 982: méticuleux comme un chef de bureau);
4. 1821 «qui est le fruit d'un esprit minutieux» livre méticuleux (Nodier, Smarra, p. 16). Empr. au lat. meticulosus «craintif», d'où le sens 1, le développement des autres sens étant propre au français.
2. av. 1813 «empreint de scrupule» ton méticuleux [d'un personnage] (Delille, Convers., II ds Littré);
3. 1817 «qui s'attache scrupuleusement au détail, procède avec un soin méticuleux» censure méticuleuse (Stendhal, Rome, Naples et Flor., t. 2, p. 88); 1831 (Balzac, Peau chagr., p. 982: méticuleux comme un chef de bureau);
4. 1821 «qui est le fruit d'un esprit minutieux» livre méticuleux (Nodier, Smarra, p. 16). Empr. au lat. meticulosus «craintif», d'où le sens 1, le développement des autres sens étant propre au français.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 215. Fréq. rel. littér.: xixe s.: a) 89, b) 190; xxe s.: a) 452, b) 463.
Dérivés
1. D'une manière méticuleuse. Le commandant (...) expliquait méticuleusement, entrait dans une foule de détails (, Train 8 h 47, Inspection trimestr., 1885, III p.194). — [metikyløzmɑ̃]. Att. ds Ac. dep. 1878. — 1re attest. 1831 (Lamart., Corresp., p. 119); de méticuleux, suff. -ment2 *. —Fréq. abs. littér.: 46.
Méticuleusement
adverbe2. — [metikylozite]. — 1re attest. 1828, 29 avr. (Villemain, Leçon de litt. ds Littré); de méticuleux d'apr. la forme lat., suff. -(i)té*.
Méticulosité
substantif féminina) Caractère d'une personne méticuleuse. Synon. minutie, scrupule, soin ; anton. insouciance, je-m'en-foutisme (pop., fam.). Il possédait les caractéristiques classiques de l'affranchi, la salacité, la servilité, la méticulosité. Il n'était pas une de ses bassesses et même de ses tics que Tacite n'eût décrit (, Bella, 1926, p. 93).
b)P. méton., littér. Acte exécuté avec minutie. Ne fus-je pas moi-même un Parnassien, resté fidèle sinon tout à fait aux méticulosités de cette esthétique, du moins, somme toute, persévérant dans l'emploi large (...) d'une liberté (, Œuvres posth., t. 3 Les Baisers morts, 1896, p. 130).
Bibliographie
— Gohin 1903, p. 261. — Quem. DDL t. 15 (s.v. méticuleusement).