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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

INTROVERTI, -IE,

adjectif
PSYCHOL. Porté à l'introversion, à vivre centré sur soi-même, ce qui, avec un repliement sur soi plus ou moins important, entraîne à se détourner du monde extérieur. Anton. extroverti. Un enfant introverti et sensible, jeté brutalement dans les rires et les jeux, opère une retraite d'autant plus farouche dans le rêve (Mounier, Traité caract., 1946, p. 720) :
Pour employer une terminologie du domaine de la psychotechnique le chercheur est généralement un esprit introverti, c'est-à-dire replié sur lui-même, capable de concentration beaucoup plus que de contacts extérieurs. (Encyclop. éduc., 1960, p. 267)
— Emploi subst. Inadapté au réel, l'introverti vit dans un sentiment intérieur d'insécurité, que traduit sa fréquente timidité (Mounier, Traité caract., 1946, p. 332). Le schizothyme est un introverti pour qui le monde intérieur existe et à la limite existe seul (Delay, Psychol. méd., 1953, p. 146).
Remarques
1.

Intravertir

verbe transitif
Tourner vers l'intérieur. Ces images (...) détournent l'émotion de ses manifestations primaires, pour l'intravertir et la spiritualiser dans un monde de sentiments, de plaisirs esthétiques, de réflexion, etc. (Mounier, Traité caract., 1946, p. 333).
2.

Intraverti, -ie,

substantif
Il [Kretschmer] voudrait que l'on réservât le nom d'intravertis aux sujets qui se détournent à la fois du dehors et du réel (Mounier, Traité caract., 1946, p. 371).
Prononciation
[ε̃tʀɔvεʀti].
Étymologie et histoire
1923 (Freud, Introd. psychanal., trad. par S. Jankélévitch, p. 402). Empr. à l'all. introvertiert, terme employé par C. G. Jung dans son ouvrage Psychologische Typen (1921) (éd. 1946, p. 219); cf. l'angl. introverted (part. passé), attesté dès 1915 (NED Suppl.2, s.v. extraversion) et le subst. introvert qui apparaît en 1918 (NED Suppl.2 ).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 28.