INSUCCÈS
substantif masculin1. ... on cherche le goupil sous les tables, sous les bancs, sous les huches; et on ne le trouve pas. « J'y renonce, dit le chevalier; mais je suis bien sûr qu'il est rentré ici. » Ses gens, eux, n'en continuent pas moins à explorer tous les coins (...), ils se rendent enfin auprès du maître, avouant leur insuccès. (, Vie temps st-Louis, 1942, p. 35)
— En partic. dans le domaine artistique. Échec (d'une œuvre), manque de réussite (d'un créateur). Synon. four (fam.), bide (arg.). J'aurais bien voulu être à Paris, le soir de cet insuccès, pour t'embrasser tendrement (, Corresp., 1853, p. 226). De ma vie, je n'ai assisté à pareil insuccès. C'est indiscutable. Quelques rares applaudissements à la fin des quatre premiers actes. À la fin du cinquième, pas un (, Journal, 1895, p. 307) :
2. C'est dur d'aller ce soir au théâtre, ce théâtre où on m'interrompt brutalement demain; mais je veux remercier Antoine, je veux remercier ces pauvres diables d'acteurs pour qu'ils ne puissent pas croire un moment que je leur attribue mon insuccès. (, Journal, 1889, p. 946)
— Emploi générique. À quoi bon encourir la douleur, la honte, l'insuccès, la disgrâce, quand on a si peu d'âpreté au gain, de foi au triomphe, d'ardeur pour la lutte? (, Journal, 1866, p. 78). Jâli voit ces pauvres gens autour de lui qui, tous, portent la marque de l'insuccès, les stigmates de l'insomnie, le signe du guignon (, Bouddha, 1927, p. 108).
Prononciation et orthographe
[ε̃syksε]. Att. ds Ac. dep. 1878.
Étymologie et histoire
1794 (Pougens, Vocab. de nouv. privatifs fr., s. v. succès). Dér. de succès*; préf. in-1 *; à rapprocher de non-succès 1782 (Mercier, Tableau de Paris, IV, III ds Proschwitz Beaumarchais, p. 275), ces mots étant peut-être inspirés de l'angl. unsuccess (1586), non-success (1665 ds NED).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 232. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 114, b) 381; xxe s. : a) 657, b) 289.
Bibliographie
Bourciez (E.). L'Âge des mots en fr. R. Philol. fr. 1928, t. 40, p. 139. - Weil (A.). En marge d'un nouv. dict. R. Philol. fr. 1932, t. 45, p. 25.