HIRSUTE
adjectifA. —
1.[En parlant de la chevelure, des poils, de la barbe; p. méton., d'une pers. ou d'une partie du corps]. Qui a un aspect touffu, désordonné. Synon. échevelé. Ces Gaulois hirsutes et bruyants, subitement rasés, ou à peu près, subitement les plus polis (, Simon, 1926, p. 29). Il [Mirabeau] parut, avec sa tête énorme et hirsute de gargouille du verbe, et sa tignasse ébouriffée (, Lys sangl., 1938, p. 121).
2. Couvert de poils fournis, hérissés.
a)[En parlant (d'une partie du corps) d'un animal]Synon. de velu :
Sur son front hirsute poussaient des poils beaucoup plus longs que ceux qu'on voit là d'ordinaire. Une véritable chevelure sauvage de longs poils couvrait son garrot, et alors que les autres, même hirsutes au garrot, avaient le reste du corps plus ou moins lustré, il était, lui [un taureau], partout mal léché... (, Bestiaires, 1926, p. 491)
b)[En parlant d'une plante]Synon. de hispide. Plantes gigantesques; l'une extraordinairement poilue, ou plus exactement hérissée de dards, porte des grappes de fruits orangés, comme de gros raisins hirsutes (, Retour Tchad, 1928, p. 1006).
3.P. anal., littér. Qui a un aspect accidenté, désordonné, sauvage, inculte. Une région hirsute, congestionnée, tumultueuse (, Confess. min., 1920, p. 54). Hêtres tenaces, tourmentés de vents perpétuels (...), gardant même dans les calmes, l'aspect hirsute de la tempête (, Augustin , t. 2, 1933, p. 244).
B. —Au fig. Qui est d'une nature fruste, d'un abord bourru. Synon. farouche, grossier, rébarbatif, revêche, rude. Le prêtre réussit quelquefois par une certaine simplicité hirsute et bourrue (, Hist. sent. relig. , t. 3, 1921, p. 228).
C. —Emploi subst. masc.,HIST. LITTÉR. (Membre d'un) cénacle littéraire parisien de la fin du xixe siècle. Ce sous-sol (...) du Soleil d'Or (...) alors se voyait baptisé l'Avenir, le théâtre de bien des séances de « littératures » (...) sous des invocations bizarres : hydropathes, hirsutes, etc. (, Œuvres posth. , t. 3 Prose, 1896, p. 117). Ni les Hydropathes, ni les Hirsutes, ni le Chat Noir (...), ne furent des milieux symbolistes (, Réflex. litt., 1936, p. 9).
Remarques
Hirsuter
verbe transitifPrononciation et orthographe
[iʀsyt]. Att. ds Ac. 1935.
Étymologie et histoire
1803 bot. (Wailly). Empr. au lat. hirsutus « hérissé, hirsute ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 100.