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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

GODILLE

substantif féminin
A. — Aviron placé dans une encoche à l'arrière d'une embarcation et servant à la faire avancer et à la diriger. Un jour, en bateau, voulant manier la godille à grand renflement de biceps, il tombait dans la Loire (A. Daudet, Immortel, 1888, p. 229). L'homme debout fait face à l'arrière et agit sur la poignée de l'aviron ou godille, de façon à faire accomplir à la pelle immergée, une série de 8 couchés (Galopin, Lang. mar., 1925, p. 95).
— À la godille. Aller, avancer, nager à la godille. Dans le milieu, il étudia une barque menée à la godille par un marinier (Zola, Œuvre, 1886, p. 254). Il va falloir se résoudre à faire cinq milles à la godille dans cette lourde embarcation (Charcot, « Pourquoi-Pas? », 1910, p. 52).
• Argotique
De travers, en zigzag (Esn. 1966).
En mauvais état. Hamel eut une malencontreuse rencontre avec un taxi — résultat : un genou « à la godille » (Pédale, 16 nov. 1927, p. 5 col. 3). Le palpitant à la godille (Stollé, Contes , Petit Poucet, 1947, p. 2).
B. —SPORTS. « Technique de ski consistant en une série de virages et demi-virages enchaînés en une action continue » (Gautrat Ski 1969). Cf. Gilb. 1971.
Prononciation et orthographe
[gɔdij]. Ds Ac. 1932.
Étymologie et histoire
1. 1792 goudille, « aviron placé à l'arrière d'une embarcation, auquel on imprime des mouvements hélicoïdaux » (Ch. Rommé, Dict. de la mar. fr., Paris, Barrais aîné);
2.
a) 1922 à la godille « en zigzag (par l'effet de la fatigue) » (arg. des cyclistes routiers ds Esn.);
b) ca 1959 ski (d'apr. Lar. Lang. fr.);
3. 1924 à la godille « en mauvais état » (cité ds Chautard, Vie étrange arg., 1931, p. 433 : une gâpette à la godille). Mot d'orig. inc., bien attesté dans les dial. de l'Ouest (Charentes-Infér., v. FEW t. 23, p. 106a) et du Centre (Jaubert).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 26.
Bibliographie
Gohin 1903, p. 326.