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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

EUPHONIE

substantif féminin
MUS. etusuel. Agréable et harmonieuse combinaison des sons. Anton. cacophonie, dissonance. Sensible à la seule euphonie, leur maître [d'un setter et de sa femelle] les nommait Black et Bianca (Colette, Mais. Cl., 1922, p. 153). Quel plaisir de se retremper dans l'euphonie multisonore des cordes (Stravinsky, Chron. vie, 1931, p. 105). Cf. appellation ex. 5 :
Je m'endormais en balbutiant des phrases incohérentes, où je tâchais de mettre la douceur, le nombre et la grâce de l'écrivain qui a le mieux transporté dans la prose l'euphonie racinienne. (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 79)
— En partic.,LING., PHONÉT. Qualité des sons agréables à entendre ou aisés à prononcer, parfois invoquée pour expliquer certains changements phonétiques dus à l'influence de phonèmes voisins (d'apr. Mar. Lex. 1933). L'élision et la contraction de l'article défini peuvent être regardées comme des cas d'euphonie (Ac., 1932). On a voulu quelquefois distinguer l'euphonie proprement phonétique de certaine harmonie qui résulte d'un accord perçu entre les sons et les notions exprimées (Mar., Lex., 1933).
Prononciation et orthographe
[øfɔni]. Enq. /øfoni/. Ds Ac. 1762-1932.
Étymologie et histoire
1. 1300-15 gramm. (J. Bras-de-Fer, Pamphile et Galatée, éd. J. de Morawski, 2554);
2. 1762 mus. (Ac.). Empr. au b. lat. euphonia gramm. « douceur de prononciation », du gr. εὐφωνία « id. »
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 14.