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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

CONVIVE

substantif
Invité(e) qui participe à un repas. Un convive charmant, agréable; un joyeux, un aimable convive; un convive ennuyeux :
1. Cet incident termina joyeusement le banquet. Portant aux nues l'amphitryon, les convives, bras dessus, bras dessous, s'élancèrent à la débandade hors de la maison... (Villiers de L'Isle-Adam, Contes cruels, Le plus beau dîner du monde, 1883, p. 206)
— Au fig.[P. allus. aux vers célèbres du poète Gilbert, Odes, IX : Au banquet de la vie, infortuné convive] :
2. ... Je vivais, promenant mes courses vagabondes Des cimes du Caucase aux cèdres du Carmel, De l'univers mobile habitant éternel, Et du banquet immense immuable convive, Me disant : Si tout meurt, c'est afin que je vive! (Leconte de Lisle, Poèmes barbares, Le Corbeau, 1878, p. 273)
— Spéc.[P. allus. à la statue du commandeur* que, par bravade, Don Juan a invité à dîner et qui vient le châtier] Le convive de pierre :
3. La lumière grise effaçait la vie de sa silhouette immobile, la figeait, la purgeait de toute particularité, l'incorporait à cette façade silencieuse et aveugle, à ces jardins magiques surpris par un rapide enchantement. « Le convive de pierre », songea-t-il amèrement. (Gracq, Un beau ténébreux, 1945, p. 192)
Prononciation et orthographe
[kɔ̃vi:v]. Ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
xve s. (Terence en françoys, f. 163 r° , éd. 1539 ds R. Hist. litt. Fr., t. 8, p. 493), attest. isolée; à nouv. dep. av. 1671 (La Mothe le Vayer, s. réf. ds Pomey). Empr. au lat. arch. conviva ; après un essai d'introduction au xve s., le mot n'a pu s'installer qu'au xviie s. après la disparition de son homon. « festin » (ca 1165, Benoit de Sainte-Maure, Roman de Troie, éd. L. Constans, vers 10463), empr. au lat. convivium « id. ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 1 211. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 2 406, b) 2 000; xxe s. : a) 1 858, b) 906.