CHÉRIF, SCHÉRIF,
substantif masculin Descendant de Mahomet par sa fille Fatima; p. ext., souverain, prince arabe ou maure. Des chérifs à turbans verts (, Voyage en Égypte, 1869, p. 118) :
Dans la religion mahométane, les chefs de l'état se disent les descendants du prophète : tel est le grand-seigneur chez les Turcs, le sofi de Perse, le grand-mogol, le prince de Moka, les émirs des Arabes, les anciens califes d'Égypte et de Bagdad, et les schérifs, qui se sont emparés d'une si grande partie de l'Afrique. (, Harmonies de la nature, 1814, p. 297)
Prononciation et orthographe
[ʃeʀif]. Homon. shérif. Var. schérif (cf. ex. supra). On rencontre ds la docum. un ex. du masc. plur. cheurfas (cf. J. et J. Tharaud, Rabat ou les Heures marocaines, 1918, p. 163) et un ex. du fém. sing. chérifa (cf. J. et J. Tharaud, Fez ou les Bourgeois de l'Islam, 1930, p. 124).
Étymologie et histoire
1528 sérif (E. Charrière, Négociations de la France dans le Levant, t. 1, p. 129, forme rare; 1552 cheriph (Rabelais, Quart livre, éd. R. Marichal, p. 18, 59); 1884 fém. chérifa (Les Chérifas, nom d'un tableau de Benjamin Constant exposé au Salon de 1884 d'apr. Lar. 20e); 1899 plur. cheurfa (nom de tribus constituées de chérifs ds Nouv. Lar. ill., s.v. chérif). Empr. à l'ar. šarīf « noble, éminent » (Lok., n° 1852; FEW t. 19, p. 172), fém. šarīfa, plur. šurafā' (Freytag, Lexicon arabico-latinum, Hall, 1830-35, t. 2, p. 414), de la racine šarafa « être élevé, noble, éminent; exceller en noblesse, en gloire » (ibid., p. 413).
Statistiques
Fréq. abs. littér. Chérif : 11.
Dérivés
Chérifien, ienne
adjectifBibliographie
Boulan 1934, p. 122. — Lammens 1890, p. 87