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Voir également: benjamin, adjectif 
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

BENJAMIN, INE,

substantif
A. — Enfant préféré de ses parents :
1. ... Mme Olivier, (...) avait trois enfants. L'aîné, déjà petit clerc de notaire, était l'objet de l'adoration des époux Olivier. Ce benjamin, menacé d'être soldat pendant six ans, allait voir sa brillante carrière interrompue, ... (Balzac, La Cousine Bette, 1846, p. 142)
2. « En m'entendant te parler comme un élève attentif aux leçons d'un maître, tu t'es cru mon père, lui dis-je; tu m'as appelé ton fils bien-aimé et ton benjamin, ... » (G. Sand, Histoire de ma vie, t. 4, 1855, p. 337)
— P. ext. Élève préféré d'un maître; favori. Julien Sorel, (...) leur était signalé comme le benjamin de l'abbé Pirard (Stendhal, Le Rouge et le Noir, 1830, p. 199).
— Emploi adj., rare, littér. :
3. Adieu, petits cœurs benjamins Choyés comme Jésus en crèche, Qui vous vantiez d'être orphelins Pour avoir toute la brioche! (Laforgue, L'Imitation de Notre-Dame la Lune, Lunes en détresse, 1886, p. 250)
B. — Le plus jeune des enfants d'une famille (souvent, aussi, le préféré). ... c'était Lili, la benjamine, que préférait bon-papa (S. de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée, 1958, p. 40).
— P. ext. Le plus jeune d'un groupe :
4. « Pitou, pensait-il, Pitou dans l'armée! » Cela lui paraissait incroyable, impossible. Pitou le benjamin de leur bande ! Celui qu'ils protégeaient des grands, hier encore, il semblait, et qu'ils appelaient « grosses joues », ou encore « bébé ». (G. Roy, Bonheur d'occasion, 1945, p. 389)
Remarque : « Fam. » pour Ac. 1835-1932.
Prononciation
[bε̃ʒamε̃], fém. [-in].
Étymologie et histoire
1. Début xviiie s. « jeune préféré » (Saint-Simon, 177, 113 dans Littré : Le roi s'amusait beaucoup plus de M. du Maine [que du comte de Toulouse], le benjamin de Mme de Maintenon);
2. 1808 (Boiste : Benjamin. Le cadet). P. méton., du nom de Benjamin, plus jeune fils de Jacob et son préféré (Genèse, XXXV, 18).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 43.
Bibliographie
Migliorini (B.). Dal nome proprio al nome comune Florence, 1968 [1927], p. 297.