APOSTROPHER
verbe1. Rare. Interpeller par apostrophe une personne morte ou absente, ou un objet personnifié.
« Deux jours après, en s'en allant, il apostrophait les mœurs modernes. - L'amour prend la couleur de chaque siècle. En 1822 il est doctrinaire. » (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
2. Familier. (Beaucoup plus courant) Interpeller quelqu’un pour lui dire quelque chose de façon impolie ou désagréable.
« Tous se désolaient, certains pleuraient, et Gabin les apostropha : « Pourquoi pleurnichez-vous, vous n’avez pas grand-chose à perdre. Tandis que moi… » » (Claude Lanzmann, Le Lièvre de Patagonie, Gallimard, 2009, chapitre IX)
« Les yeomen séparèrent les prêtres irrités, qui continuaient à élever la voix, s’apostrophant l’un l’autre en mauvais latin, […]. » (Walter Scott, Ivanhoé, ch. {{{1}}}, traduit de l’anglais par Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret, 1820)
« Au moindre geste d’improbation, il nous apostrophait et nous imposait silence avec une fureur qui nous touchait sans nous convaincre ; […]. » (Anatole Claveau, Les snobs, dans Sermons laïques, Paris : Paul Ollendorff, 1898, 3ᵉ éd., page 36)
« Dites donc, vous autres, – les apostropha-t-il, […], – je meurs de fatigue, et je ne me tiens plus sur les jambes d’avoir été si longtemps en selle. Impossible de vous accorder une seule seconde d’entretien, je suis fourbu, esquinté. » (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 31 de l’édition de 1921)
« Profitez en pour relire votre dossier. Ne sortez pas votre journal, le juge le prendrait fort mal et se faire apostropher en pleine audience est très désagréable. Un livre de poche peut être lu discrètement. » (Maître Eolas, Au fait, comment on fait un procès ? 3ème et dernière partie, 22 juillet 2005)
3. Par hyperbole. Obsolète. Donner un coup (à quelqu’un).
« Il l’a apostrophé d’un coup de bâton. »