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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

SODOMIE

substantif féminin
A. — Pratique du coït anal (lors de relations hétéro ou homosexuelles). Crime de sodomie; condamnation pour sodomie. Si l'un prétend justifier la sodomie, un autre justifiera l'onanisme, le vampirisme, le viol des enfants (...). Il n'y a aucune raison de s'arrêter. La révélation nous apprend de plus que ce vice est spécialement détesté de Dieu. Il est superflu de vous rappeler Sodome (Claudel, Corresp., [avec Gide], 1914, p. 220).
B. —Vx.Synon. de bestialité. (Dict. xixe et xxe s.).
Remarques
1.

Sodomisme

substantif masculin
hapax. Les manifestations érotiques des garçons n'étaient pas seulement verbales ou mimées. (...) ils s'intéressaient aussi bien au sodomisme et autres dépravations qu'à la simple tradition familiale (Aymé, Jument, 1933, p. 147).
2.

Sodomiste

substantif masculin
rare,synon. de sodomite. [Hyacinthe] vivait au milieu d'un monde extraordinaire (...) professant les pires idées philosophiques et sociales (...) tour à tour collectiviste (...) symboliste, même sodomiste, sans cesser d'être catholique, par suprême bon ton (Zola, Paris, t. 1, 1897, p. 38).
Prononciation et orthographe
[sɔdɔmi]. Att. ds Ac. dep. 1740.
Étymologie et histoire
Fin xiie s. sodomie (Brut de Munich, éd. K. Hofmann et K. Vollmöller, 2493: sun cors torna a sodomie). Du lat. chrét. sodomia (fin vie s., St Grégoire ds Blaise Lat. chrét.), dér. de Sodoma ' Sodome, nom d'une ville de Palestine connue pour la dépravation sexuelle de ses habitants' (Gen. 19, 4-5), de l'hébr. Se dōm.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 15.
Dérivés

Sodomiser

verbe transitif
Pratiquer la sodomie sur quelqu'un. Synon. trivial enculer. Il se défendit mal (...) contre l'envie qui l'avait toujours possédé de sodomiser quelque soldat (Céline, Voyage, 1932, p. 95). Cet amour (...) sera un amour sodomique (...) je voudrais que, dans la lumière de mon regard qui passera outre à elle, elle se sente vaguement l'air emprunté comme celle à qui un homme s'enracine comme pour faire tonner plus haut sa solitude intérieure et le néant de leur union (...). Celui qui sodomise une femme ne s'unit qu'à lui-même (J. Bousquet, Trad. du sil., 1936, p. 227). — [sɔdɔmize], il sodomise [sɔdɔmi:z]. — 1res attest. a) 1587 trans. (Cholières, 2e Apresdisnee, éd. Tricotel, Jouaust et Lacroix, p. 86 ds Hug.), attest. isolée, à nouveau en 1785 (Sade, Les 120 journées de Sodome, t. 2, part. III, p. 229 ds Quem. DDL t. 13), b) 1612 intrans. (P. de Lancre, Tableau de l'inconstance des mauvais anges, avertissement ds Delb. Notes mss), attest. isolée, à nouveau 1872 (Littré); de sodomie, suff. -iser*.
Bibliographie
— Quem. DDL t. 12 (s.v. sodomisme).