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PUÉRIL, -ILE, adj.
A. −
1. Vx. Qui est propre à l'enfance. Puis viennent sur l'usage du couteau et de la fourchette des recommandations qui semblent faites pour des enfants: le vieillard devant Dieu est revenu à l'innocence des jours puérils (Chateaubr.,Rancé, 1844, p. 142).Leur affirmation ou leur négation [de Dieu et du diable] fut un jeu pour l'âge puéril de l'humanité (Bloy,Journal, 1904, p. 229).
Civilité* puérile et honnête.
PATHOL. Respiration puérile. Respiration plus bruyante qu'à l'ordinaire (d'apr. Littré-Robin 1855). Lorsque l'examen a pu être pratiqué tout à fait au début, il est parfois possible d'entendre une respiration rude, puérile (Menetrier, Stéveninds Nouv. Traité Méd.fasc. 1 1926, p. 266).
2. Littér. Qui appartient à l'enfant, qui rappelle l'enfant. Synon. enfantin.Bouderie, grâce, moue, physionomie puérile; lèvres puériles; cris, gestes, traits puérils. D'une haute taille, qui, de loin , eût été d'un grenadier, mais les traits enfantins comme la tête demeurait puérile (Vigny,Mém. inéd., 1863, p. 174).Déjà il se rasait, et ses joues encore puériles étaient pleines de coupures (Mauriac,Myst. Frontenac, 1933, p. 78):
1. La rougeur de ses joues, de son front, de ses oreilles (...) exagère l'expression un peu niaise du visage, en accentue les rondeurs puériles. Et plus puérile encore, la voix basse trop lente, trop accentuée, qui s'affole sur les dernières syllabes, s'étrangle. Bernanos,M. Ouine, 1943, p. 1462.
En partic. Qui est conçu par un enfant:
2. Combien d'âmes que je n'aurais jamais devinées se sont ouvertes à moi depuis ce livre, par ces correspondances signées ou anonymes qui pleuvent chaque jour sous ma main! Il y a bien des pages puériles essayées par des mains d'enfants; mais aussi qu'il y a de pages ravissantes que l'on voudrait voir lues au grand jour! Lamart.,Corresp., 1836, p. 201.
B. − Cour., souvent péj. Synon. infantile (v. ce mot B).
1. [En parlant d'un adulte] Qui agit comme un enfant, semblable à un enfant. Jean Valjean souffrait tant qu'il devenait puéril. C'est le propre de la douleur de faire reparaître le côté enfant de l'homme (Hugo,Misér., t. 2, 1862, p. 101).Cet esprit, viril et sage lorsqu'il ne sortait pas de soi, et qui ne savait que par les livres, au seuil de l'action se révélait puéril, pareil à celui d'un petit collégien empêtré (Montherl.,Songe, 1922, p. 58).
2. [P. méton.] , [en parlant d'un comportement, d'un acte, d'un propos, de paroles] Qui manque de maturité, de sérieux, de profondeur; qui est digne d'un enfant. Langage puéril; reproches puérils; candeur, conversation, crainte, curiosité, décision, joie, pensée, vanité puérile; amitiés, colères, objections puériles. J'en ai toujours eu une terreur puérile, insurmontable [des cochons], jusqu'au point de perdre la tête si je me vois entourée de cette gent immonde: j'aimerais cent fois mieux me voir au milieu des lions et des tigres (Sand,Hist. vie, t. 1, 1855, p. 16).Sa voix fripée conservait, grâce au zézaiement sans doute, des sonorités puériles et tendres (Duhamel,Confess. min., 1920, p. 136).
En partic. Qui pourrait être conçu par un enfant, qui pourrait être le fait d'un enfant. [Ma mère] imagina elle-même une création puérile, mais ravissante pour moi et qui a fait longtemps mes délices (Sand,Hist. vie, t. 2, 1855, p. 275).Un cadenas de cuivre à quatre lettres défendait seul la porte: cette fermeture puérile caractérise assez bien les secrets de l'ordre militaire (Nizan,Conspir., 1938, p. 90).
Loc. C'est puéril. Je me sentis triste soudain comme si j'avais perdu tout espoir dans la vie. C'est tout, madame. C'est puéril, niais, stupide. Mais je crois depuis ce jour que je n'aimerai jamais (Maupass.,Contes et nouv., t. 2, Lettre noyé, 1884, p. 907).
En tournure impers. Il est puéril de + inf. Qu'on aime ou non les frères De Goncourt, il est puéril de nier que leur place ait été considérable dans les préoccupations des jeunes écrivains actuels (Bourget,Nouv. Essais psychol., 1885, p. 196).Il serait puéril de croire que l'univers a commencé un jour par des mécanismes simples qui se sont peu à peu compliqués (Ruyer,Esq. philos. struct., 1930, p. 313).
Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre. La perfection du genre familier est le naturel naïf, dont l'excès est le puéril ou le niais (Bonald,Législ. primit., t. 2, 1802, p. 210).Une haine pour le puéril de Voltaire et de son école (Stendhal,H. Brulard, t. 1, 1836, p. 444).Et ce vieux prêtre que j'entrevis entre les deux files de bambins recueillis, ressemblait assez à un maître de danse. Ce qui pourrait être si grand retombe au convenable, si ce n'est au puéril (Alain,Propos, 1921, p. 212).
Prononc. et Orth.: [pɥeʀil]. Att. ds Ac. dep. 1694. Ac. 1694-1740: puerile, -é-, aux deux genres; 1798: ,,on prononce l, mais sans mouiller``. Étymol. et Hist. 1. 1461 pueriles subst. plur. « rudiments » (G. Chastellain, Entree du roy Loys en nouv. regne ds Gdf. Compl.); 2. 1476 adj. « qui ne convient qu'à un enfant, qui n'est pas digne d'un adulte, qui manque de sérieux » (J. Robertet, Œuvres, éd. M. Zsuppán, XIX, 163, p. 166); 3. 1ertiers du xvies. « relatif, propre à l'enfant, à l'enfance » (J. Fossetier, Cron. Marg., ms. Bruxelles 10512, IX, II, 4 ds Gdf. Compl.). Empr. au lat.puerilis « de l'enfance; irréfléchi », dér. de puer « enfant ». Fréq. abs. littér.: 1 194. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 096, b) 1 103; xxes.: a) 1 689, b) 2 110.
DÉR. 1.
Puérilement, adv.D'une manière puérile. Ce n'est pas encore une lettre très courageuse que tu vas recevoir. À mon premier désespoir − que je t'ai si puérilement exprimé − a succédé une morne apathie (Rivière,Corresp.[avec Alain-Fournier], 1905, p. 175).Les malades qui se croient guéris connaissent ces reprises du mal; elles les trouvent puérilement étonnés et plaintifs: « Mais je croyais que c'était fini! » (Colette,Vagabonde, 1910, p. 160). [pɥeʀilmɑ ̃]. Ac. 1694, 1718: puerilement, dep. 1740: pué-. 1reattest. 1501 (F. Le Roy, Le Livre de la femme forte et vertueuse, r 6b ds Rom. Forsch. t. 32 1913, p. 138); de puéril, suff. -ment2*. Fréq. abs. littér.: 43.
2.
Puériliser, verbe.a) Empl. trans. Rendre puéril. Heinrich avait penché la tête en avant; sa nuque rasée était lisse, et une moue de réflexion puérilisait son vieux visage poncé (Malraux,Espoir, 1937, p. 776).b) Empl. intrans. Se conduire comme un enfant. Nous avons tous un peu de ce désarroi quand nous courons à la recherche de nos souvenirs d'enfance. L'enfant qui boude l'école pour les jupons de sa mère ou s'obstine à zézayer, l'adolescent ou la jeune fille qui puérilisent et refusent de mûrir (Mounier,Traité caract., 1946, p. 438). [pɥeʀilize], (il) puérilise [-i:z]. 1resattest. a) 1801 trans. (Mercier Néol.), b) 1842 intrans. (Ac. Compl.); de puéril, suff. -iser*.
3.
Puérilisme, subst. masc.,pathol. État caractérisé par une régression de la mentalité vers celle de l'enfant, avec ses préoccupations, ses tendances, son langage et sa mimique, sans comporter obligatoirement de retard du développement physique (d'apr. Méd. Biol. t. 3 1972). Le refus des conflits intérieurs bloque la virilisation psychique, tourne en puérilisme et pusillanimité: c'est le danger qui menace une éducation trop extériorisée (Mounier,Traité caract., 1946, p. 527). [pɥeʀilism̭]. 1resattest. a) 1887 « caractère de ce qui est puéril » (R. crit., 12 déc., nouv. série, t. 24, p. 465), b) 1921 « régression de la mentalité au stade de l'enfance » (Bourget, Drame, p. 22); de puéril, suff. -isme*.
BBG.Quem. DDL t. 7. − Wahlund (C.). Cent mots nouv. Studier i modern Språkvetenskap. Stockholm, 1988, n o1, p. 11 (s.v. puérilisme).