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Voir également: amiral, amirale, adjectif 
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

AMIRAL1, AUX,

substantif masculin
A. — Grade le plus élevé dans la marine de guerre :
1. ... je reçus une invitation signée du nom d'un comte jadis célèbre et dont la famille avait donné des ministres aux rois de France, des évêques au clergé et des amiraux à notre Marine nationale. Bref, un insigne personnage et qui me priait en termes excellents de bien vouloir me rendre chez lui pour parler du passé... (L.-P. Fargue, Le piéton de Paris, 1939, p. 247)
2. Il était évident que les Anglo-saxons étaient en train d'élaborer le plan d'une vaste opération sur le théâtre occidental. Le général Marschal, chef d'État-major de l'armée américaine, et l'amiral King, commandant en chef de la flotte de l'Atlantique, avaient séjourné à Londres au mois de mai en évitant de me voir. (Ch. de Gaulle, Mémoires de guerre, L'Appel, 1954, p. 207)
— Titre donné aux amiraux, contre-amiraux, vice-amiraux.
Remarque : Selon Le Clère 1960, on écrit Monsieur l'Amiral, Monsieur le Vice-Amiral d'Escadre x ; dans la langue parlée, on dit Amiral pour Amiral, Vice-Amiral, etc., non précédé de Monsieur ou de mon ; cf. aussi Amirale subst. fém., réduction de Madame l'Amirale, titre de la femme d'un amiral.
• Amiral de la Flotte. « Titre assumé par l'Amiral chef d'État-major de la marine française en juin 1939. » (Gruss 1952).
B. — Dignité équivalente à celle de Maréchal de France.
— En partic.,HIST. Grand Amiral, Grand-Amiral, Grand-Amiral de France « Dignité de la Couronne. (...) Chef de toute la Marine (guerre et commerce) » (Gruss 1952); Amiral de France « Dignité correspondant à celle de Maréchal de France, mais qui n'a pas été rétablie comme cette dernière l'a été en 1916. » (Gruss 1952) :
3. Cependant les principaux seigneurs du Parlement et du Conseil s'empressèrent à venir le voir, l'assurant que tout irait bien, et qu'il serait vengé d'une injure qui touchait à l'honneur de la Couronne. L'Amiral de France, le sire de Coucy, le sire de Saint-Pol, lui conseillèrent de se retirer dans son château de Montlhéry et de les laisser conduire cette affaire. (P. de Barante, Hist. des ducs de Bourgogne, t. 1, 1821-1824, p. 371)
4. À Madrid, je me rappelle, le coup des obsèques du Grand Amiral, qu'est-ce que j'ai pu rigoler... (J. Audiberti, Le Mal court, 1947, III p. 182)
Remarque : En sc. naturelles, le mot désigne : a) un papillon qui est une variété de vanesse (cf. H. Coupin, Animaux de nos pays, dict. pratique, 1909, p. 267), b) un « oiseau d'une espèce rare et énorme, ayant sur ses longues pennes les trois étoiles dessinées en noir » (P. Loti, Mon frère Yves, 1883, p. 78), c) une coquille de la classe des gastéropodes (cf. Privat-Foc. 1870).
Prononciation et orthographe
[amiʀal], masc. plur. [amiʀo]. Fér. 1768 et Fér. Crit. t. 1 1787 signalent une forme anc. admiral.
Étymologie et histoire
1. Vers 1100 a. fr. amiralt « émir chez les Sarrazins » (Ch. de Rol., éd. Bédier, vers 1503 : En Val Metas li dunat uns diables, Si li tramist li amiralz Galafes); 1200 a.fr. m.fr. amiral (J. Bodel, Jeu de Saint Nicolas, éd. Jeanroy, vers 315 : Mahom saut l'amiral del Coine, De par le roy qui sans essoigne Li mande qu'en s'aïe viegne!);
2. av. 1212 amiral « chef de flotte » (Villehardouin, Chron., 476 ds Quem. t. 1 1959 : Et lors li vint une novele que Esturiens qui ere amirals des galies Toldre d'Ascre ere entrez a X et XII galies en Boque d'Avie, el Braz sain George). Empr. à l'ar. amīr al-' ālī « très grand chef » (EWFS2, FEW t. 19, s.v. amīr, Brüch, Z. rom. Philol. t. 42, pp. 226-227) et non de l'ar. amīr-al-(bahr) « commandant de la mer » (Dauzat 1968) ou amīr-ar-rahl « commandant de la flotte » (Lok. 1927), en raison du sens des premières attest. Le sens 2 est apparu d'abord à la cour normande de Sicile, et de là en France (voir FEW, loc. cit.).
Statistiques
Fréq. abs. litt. : 976. Fréq. rel. litt. : xixe s. : a) 2 097, b) 721; xxe s. : a) 544, b) 1 646.
Bibliographie
Ac. Gastr. 1962. — Arv. 1963, pp. 281-282. — Bach.-Dez. 1882. — Blanche 1857. — Bouillet 1859. — Esn. 1966. — Goug. Mots t. 1 1962, p. 214, 298. — Gruss 1952. — Jal 1848. — Jossier 1881. — Kemna 1901, pp. 57-59. — La Rue 1954. — Lasnet 1970. — Le Clère 1960. — Leloir 1961. — Lep. 1948. — Mét. 1955. — Mont. 1967. — Pissot 1803. — Privat-Foc. 1870. — Spr. 1967. — Will. 1831.